Ils ont connu des années fastes, des années de crise, et doivent maintenant s’habituer à des années… normales. Les fonds immobiliers s’acclimatent petit à petit à leur nouveau paradigme, celui d’une collecte d’argent bien moins abondante qu’avant la crise de 2022, du fait de la méfiance des épargnants pour la « pierre papier » et de l’effondrement de l’investissement à crédit. Trimestre après trimestre, les bilans de l’Association des sociétés de placements immobiliers (Aspim), qui regroupe les sociétés de gestion du secteur, témoignent de cette normalisation en cours, qui ne semble toutefois pas concerner l’ensemble du secteur.

Entre janvier et juin, les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) ont attiré 2,7 milliards d’euros brut (2,2 milliards d’euros net une fois soustraites les demandes de rachats compensés). C’est 2,6 % de plus qu’au premier semestre 2025, mais en fort recul par rapport au record du premier semestre 2022 (5,2 milliards d’euros), année record.

D’autant que la collecte a ralenti entre les deux premiers trimestres (1,2 milliard d’euros entre janvier et mars, 1,1 milliard d’euros d’avril à juin) et qu’elle continue d’être très concentrée. Sur les 237 SCPI qui existent, cinq se partagent à elles seules plus de la moitié de la collecte nette du premier semestre. Pas de quoi décourager les concurrents toutefois : huit nouvelles ont déjà été lancées depuis le début de l’année.