Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Cinéma Cinéma Cinéma Tribune Pierre-Henri Najar Ingénieur-consultant Le visionnage d’un film valorisant courage, justice et loyauté suscite un élan de générosité immédiat mais trop passager. Pourquoi ne pas prolonger ce moment par un engagement social et politique au service de ces valeurs, suggère Pierre-Henri Najar, consultant et fan de bandes dessinées, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 15h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Regarder le dernier Spider-Man au cinéma [Spider-Man : Brand New Day, sorti le 29 juillet en France] est plaisant. Libérateur, même, par certains côtés. Courage, sens de la justice, amitiés solides et un soupçon de rébellion sont des ingrédients magiques pour passer un bon moment. Il est difficile de ne pas ressentir de jubilation en assistant au triomphe des valeurs de solidarité et de liberté ou de rester insensible à cette image christique du don de soi. Nous pourrions presque avoir, l’espace d’un instant, le sentiment d’avoir contribué à l’histoire et participé à rendre le monde meilleur. Pourtant, lorsque l’écran s’éteint et que la lumière revient, que reste-t-il de cette envie de voir triompher la vérité et l’humanisme ? Rien ou presque. Sur un plan physiologique, il a été prouvé [dans une étude américaine de 2015] que le visionnage d’un film à fort contenu émotionnel permettait de libérer dopamine, ocytocine et endorphine, trois hormones procurant plaisir et bien-être. Cela explique sans doute en partie le succès de ce genre de films. Chaque spectateur jouit d’un plaisir rapide et sans conséquence, ce qui a une grande valeur dans un monde de plus en plus incertain et dangereux. Vivre avec l’urgence climatique, la guerre aux portes de l’Europe, l’apparition d’épidémies, la menace sourde du terrorisme et les inégalités sociales est un fardeau au quotidien. Mais là est peut-être aussi le danger. Quand le film s’arrête, plusieurs phénomènes se succèdent rapidement. Nous commençons tout d’abord à ressentir une envie importante que cela continue comme si nous étions sevrés trop rapidement d’une source de plaisir. Cet effet ne dure pas. Nous ressentons encore, pour quelque temps, une impression diffuse d’invulnérabilité et de pouvoir illimité de changer les choses. Il peut aussi demeurer un sentiment d’altruisme plus marqué. Jorge Barraza, professeur à l’université de Californie du Sud, et ses collègues coauteurs de l’étude américaine ont démontré que plus un film à contenu émotionnel avait un impact physiologique important, plus les spectateurs étaient susceptibles d’accomplir un acte de charité immédiatement après. Il vous reste 63.9% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Spiderman » au cinéma : « Que reste-t-il de l’envie de voir triompher la vérité et l’humanisme lorsque la lumière se rallume ? »
TRIBUNE. Le visionnage d’un film valorisant courage, justice et loyauté suscite un élan de générosité immédiat mais trop passager. Pourquoi ne pas prolonger ce moment par un engagement social et politique au service de ces valeurs, suggère Pierre-Henri Najar, consultant et fan de bandes dessinées, dans une tribune au « Monde ».






