Dominic Sessa ne s’était jamais intéressé à Anthony Bourdain avant qu’on lui propose de jouer son rôle dans un long métrage de fiction. Le jeune comédien, qui a fait un début remarqué en 2023 dans le film The Holdovers (Ceux qui restent) d’Alexander Payne, ne s’est pas non plus imprégné de la personnalité du regretté chef, écrivain et animateur américain.En fait, les fans d’Anthony Bourdain risquent de ne pas vraiment le reconnaître. Et c’est voulu. Parce que dans Tony, Anthony Bourdain n’est pas encore Anthony Bourdain, celui qui dans la quarantaine a fasciné le public avec une autobiographie culinaire et des émissions gastronomiques filmées partout dans le monde.« Aucun d’entre nous n’est la même personne que nous étions à 18 ou 19 ans », avance Dominic Sessa en entrevue en visioconférence avec Le Devoir.

L’action du film se déroule durant l’été 1975, une époque lors de laquelle le chef vedette était, selon ses propres mots dans son livre Kitchen Confidential (Cuisine et confidences), « un jeune voyou gâté, malheureux, narcissique, autodestructeur et irréfléchi, ayant besoin d’un bon coup de pied au cul ». C’est à partir de cette prémisse que les scénaristes, dont le réalisateur canadien Matt Johnson (Blackberry, Nirvanna the Band the Show), ont développé ce récit initiatique qui explique comment Bourdain a découvert sa vocation pour la cuisine.Après s’être vu refuser une bourse d’écriture pour son projet de roman d’apprentissage, l’étudiant qui se fait appeler Tony voyage jusqu’à Cape Cod, dans le Massachusetts, pour tenter de séduire une fille, Nancy (Emilia Jones). Il est alors forcé de travailler comme plongeur dans un restaurant, goûtant avec fascination au travail en cuisine et au mode de vie excessif — drogue comprise — qui l’accompagne.Peu reluisant, mais humainArrogant, menteur, ignorant… Le portrait du jeune adulte n’est pas des plus flatteurs. « Ce gars est frustrant, tu as envie de le gifler », admet en riant le comédien de 23 ans à la tignasse frisée.