Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Société Société Société Affaire Jeffrey Epstein Affaire Jeffrey Epstein Affaire Jeffrey Epstein L’association de protection de l’enfance Innocence en danger et la plaignante suédoise Ebba Karlsson soulignent les manquements de l’institution judiciaire, du fait des délais de traitement des accusations et des pistes d’enquête non suivies. Article réservé aux abonnés La justice française a-t-elle correctement traité le versant hexagonal de l’affaire Jeffrey Epstein ? Deux parties civiles en doutent, et ont décidé, chacune de leur côté, d’assigner l’Etat français devant le tribunal judiciaire de Paris pour « faute lourde ». La première d’entre elles est Innocence en danger, l’association de protection de l’enfance qui avait provoqué l’ouverture par le parquet de Paris d’une première enquête pénale, à l’été 2019, sur la base de signalements réalisés après l’arrestation aux Etats-Unis du financier américain. Dans son assignation, transmise le 31 juillet et consultée par Le Monde, Innocence en danger dénonce une « succession de carences procédurales objectivement constatables » dans la gestion du dossier pénal, notamment la « lenteur » avec laquelle les investigations ont été menées, caractéristique selon elle d’un « fonctionnement défectueux du service public de la justice ». L’association souligne par exemple le temps qu’il a fallu aux enquêteurs désignés, issus de l’Office central pour la répression des violences aux personnes, pour effectuer une perquisition de l’appartement parisien d’Epstein avenue Foch, pourtant « identifié depuis plusieurs années comme un lieu susceptible de présenter un intérêt majeur ». Cette opération avait été réalisée le 23 septembre 2019, un mois et demi après le suicide en prison du milliardaire. Le manque de célérité dénoncé par Innocence en danger se voit également, estime l’association, dans la durée de cette première procédure, clôturée par un non-lieu le 23 août 2023, quatre ans après son ouverture. Entre-temps, le principal suspect ayant émergé lors de l’enquête, l’agent de mannequins Jean-Luc Brunel, ami et partenaire en affaires d’Epstein, s’était suicidé en détention, à la prison de la santé à Paris, en février 2022. « Innocence en danger soutient que, depuis la mise en examen de Jean-Luc Brunel en 2019, les différentes procédures d’enquête ouvertes dans le cadre de l’affaire Epstein sont entachées de délais excessifs et d’une carence persistante, en méconnaissance des exigences de célérité, d’effectivité et de diligence qui s’imposent au service public de la justice, particulièrement lorsque sont en cause des faits d’une exceptionnelle gravité impliquant des violences sexuelles commises sur des mineurs », explique l’avocat de l’association, Mathias Darmon. Il réclame 15 000 euros à titre de dommages et intérêts. Il vous reste 63.81% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.