Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Culture Culture Culture Cinéma Cinéma Cinéma Entre conte cruel et farce grand-guignolesque, les premiers longs-métrages de Kim Jee-woon et de Kim Ki-duk témoignent de la liberté caractéristique de la Nouvelle Vague sud-coréenne des années 1990-2000. Article réservé aux abonnés A la charnière des années 1990-2000, un surgissement eut lieu : celui de la Nouvelle Vague sud-coréenne, école turbulente ayant marqué par ses excès, sa virtuosité, sa formidable dépense d’énergie. Deux restaurations nous ramènent un quart de siècle en arrière, sur la brèche de ce moment décisif : The Quiet Family (1998), de Kim Jee-woon, et L’Ile (2000), de Kim Ki-duk, deux premières œuvres extrêmes dont les auteurs ont connu depuis des fortunes diverses. Leur violence et leur crudité semblent aujourd’hui presque exotiques, tant le cinéma coréen a fait depuis du chemin. De tels brûlots ne furent, en effet, possibles qu’à un moment historique bien déterminé, lorsque la fin de la dictature militaire et la transition vers une démocratie civile, marquées par un recul de la censure, libéraient une tornade pulsionnelle, comme un retour de flamme. Des deux cinéastes, Kim Ki-duk (1960-2020) est sans doute celui qui a suivi la pente la plus catastrophique. Ayant compté d’ardents défenseurs à ses débuts, et s’étant acquis une certaine notoriété dans les festivals internationaux, l’homme aux 25 films (Printemps, été, automne, hiver… et printemps, 2003 ; Locataires, 2004) avait fini par disparaître complètement des écrans, à la suite d’accusations d’agressions sexuelles qui ont déclenché le #MeToo coréen en 2017. Mis au ban de l’industrie, il s’est exilé, d’abord au Kazakhstan, puis en Lettonie, avant de mourir seul des suites du Covid-19 à Riga, en décembre 2020. L’Ile, film aussi fascinant qu’inconfortable, portait déjà en lui quelque chose de cette réclusion terminale. Il vous reste 69.53% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.