Publié le 12 août 2026 à 04:25. / Modifié le 12 août 2026 à 04:30.

3 min. de lecture

Coup dur pour le puissant clan Haftar qui aspire à contrôler toute la Libye. Le chef des services de renseignement de l'armée de l'Est du pays, dirigée par Khalifa Haftar, a été tué lundi dans un attentat à Benghazi.Le commandement de l'Armée nationale libyenne (ANL) a annoncé dans un communiqué en pleine nuit la mort dans un attentat à la voiture piégée du chef militaire Fauzi Al-Mansouri, l'un des plus importants du pays, fustigeant un «acte lâche et criminel». Sa voiture a explosé «alors qu'il quittait la mosquée après la prière du soir» dans un quartier résidentiel de Benghazi (nord-est), a précisé l'ANL.Il s'agit d'une des premières attaques visant un aussi haut responsable de l'Est depuis une dizaine d'années, a dit à l'AFP un spécialiste de la région orientale.

«Une attaque djihadiste» suspectée

Depuis la chute et la mort de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye a plongé dans l'instabilité et les divisions. Elle est gouvernée par deux exécutifs: l'un basé à Tripoli, reconnu par l'ONU et dirigé par Abdelhamid Dbeibah, et un autre installé à Benghazi, sous le contrôle du clan familial Haftar. L'ANL contrôle l'est depuis 2017 mais fait face à des poches de résistance dans le sud.Dans un communiqué mardi soir à l'AFP, Khaled Haftar, l'un des deux fils du maréchal occupant les plus hauts postes au sein de l'ANL, a dénoncé une attaque «terroriste». Selon un haut responsable militaire à l'AFP, les autorités de l'Est «suspectent» que l'attentat soit «une attaque djihadiste», même si elles «attendent que les investigations soient achevées».Le bureau de Khaled Haftar a déclaré plus tard, dans un autre communiqué transmis à l'AFP, que les autorités avaient arrêté «une cellule terroriste à Benghazi qui se préparait à des actes de sabotage», sans faire de lien à ce stade avec l'assassinat de Fauzi Al-Mansouri.Khaled Haftar avait rappelé que Benghazi «a longtemps souffert durant la période 2013-2014, et ses habitants savent pertinemment de quelle nature sont ces criminels». A l'époque, cette métropole et pratiquement tout l'Est étaient sous le contrôle de mouvements djihadistes dont Ansar al-Charia, remplacés par le groupe Etat islamique. Les troupes du maréchal Haftar les ont combattus pied à pied de 2014 à 2017, parvenant à conquérir la partie orientale puis le Sud.