Monde AmériquesDonald TrumpSanté. Le président américain a signé un décret limitant à onze le nombre d'injections infantiles recommandées aux Etats-Unis. Une décision unanimement contestée par les médecins. Par A.D.S avec Reuters Publié le 11/08/2026 à 10:53Le président américain Donald Trump à la Maison-Blanche, le 30 juillet 2026.REUTERS / Kylie CooperC'était un objectif de longue date du secrétaire à la Santé - et militant antivax - Robert F. Kennedy Jr.. Lundi 10 août, le président américain Donald Trump a signé un décret appelant à réduire le nombre de vaccinations infantiles, en limitant le calendrier vaccinal à onze vaccins et en incitant à ne plus vacciner en même temps contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR). Finies les injections "de la taille d'une bouteille de soda", a-t-il justifié, sans jamais apporter de précisions sur cette comparaison excessive. Selon lui, "certains groupes ne connaissent pratiquement aucun problème d’autisme", et "ce sont des groupes qui ne sont pas vraiment tournés vers le monde des vaccins, donc il y a quelque chose qui ne va pas", a-t-il expliqué. Un discours complotiste, rejeté par l'unanimité des médecins, pour qui le lien entre autisme et vaccins n'a jamais été démontré. Les spécialistes insistent en outre sur le fait qu’aucune nouvelle donnée scientifique ne justifiait une modification du calendrier vaccinal et que le calendrier américain reposait sur des décennies de données scientifiques, ainsi que sur les besoins sanitaires spécifiques de la population américaine.Avec ce décret, le principal résultat serait de "semer la confusion chez les parents", en raison de messages contradictoires qui pourraient les inciter à retarder la vaccination, s'alerte le Dr Aaron Milstone, du comité des maladies infectieuses de l’American Academy of Pediatrics. D'après la recherche, il n'existe aucun bénéfice à séparer le vaccin ROR en trois injections, et l’utilisation des composants séparément augmenterait le nombre d’injections et pourrait entraîner des retards ou des vaccinations manquées, précise le chercheur. La Dre Elizabeth Mack, médecin spécialisée en soins intensifs pédiatriques à Charleston, en Caroline du Sud, a également indiqué qu’aucun vaccin monovalent homologué contre la rougeole, les oreillons ou la rubéole n’était disponible aux Etats-Unis, ce qui rendrait la recommandation irréalisable en l’état. "Nous n’avons pas de système qui permette cela", a-t-elle déclaré, s’interrogeant notamment sur la nécessité de consultations supplémentaires et sur leur éventuelle prise en charge par les assureurs.Accroître la méfiance Le sénateur républicain Bill Cassidy, lui-même médecin, a affirmé sur X que ce décret ne ferait qu'"accroître la méfiance et compromettre la sécurité des enfants". "Ce décret est une erreur. Le président ne dispose pas de l'expertise nécessaire pour mettre en œuvre ces changements. Les vaccins sont extrêmement sûrs. Les vaccins sont efficaces. Les vaccins NE PROVOQUENT PAS l'autisme", a-t-il ajouté. Le gouvernement fédéral, n'ayant pas l'autorité pour prendre directement des décisions en matière de vaccins, se contente en effet de conseiller aux Etats américains de revoir les vaccins obligatoires pour fréquenter des établissements scolaires. Mais cette décision inquiète d'autant plus que les Etats-Unis font face à une épidémie de rougeole sans précédent depuis 35 ans, et ce en raison, justement, du recul de la vaccination.En janvier déjà, Robert F. Kennedy Jr. avait réduit le calendrier vaccinal américain en supprimant les vaccins contre six des 17 maladies ciblées, une mesure suspendue par une décision d’un tribunal fédéral. Le décret réaffirme la réforme engagée par le ministre de la Santé, malgré la procédure judiciaire toujours en cours. "Les modifications proposées par l'administration Trump au calendrier vaccinal des enfants illustrent les risques liés au fait de laisser les recommandations du gouvernement occuper une place privilégiée dans la prise de décision médicale", a alors déclaré Jeffrey Singer de l'institut Cato, un think tank libertarien, dans un communiqué. En septembre dernier, le porte-parole de l'OMS, Tarik Jasarevic, avait lui aussi dénoncé les dangers des modifications de l'administration américaine sur la vaccination des enfants. "Lorsque les calendriers de vaccination sont retardés, perturbés ou modifiés sans vérification des données probantes, le risque d'infection augmente fortement, non seulement pour l'enfant, mais aussi pour l'ensemble de la communauté", avertissait-il.
Aux Etats-unis, Donald Trump poursuit son offensive contre la vaccination
Le président américain a signé un décret limitant à onze le nombre d'injections infantiles recommandées aux Etats-Unis. Une décision unanimement contestée par les médecins.










