À Matignon, Sébastien Lecornu dresse une barrière quasiment étanche entre ses ministres et la présidentielle de 2027. Sa consigne : pas de candidat au gouvernement. Ses ministres n'ont pas le droit, non plus, d’avoir un rôle "opérationnel" dans une équipe de campagne.

Sébastien Lecornu est le Premier ministre qui avait voulu être moine. Dans sa jeunesse, il a songé à entrer dans les ordres. Des bénédictins, il a gardé la façon de se saluer : une forme de bise, front contre front. Mais aussi une maxime, car le chef du gouvernement s’est auto-proclamé : "moine soldat" et a fait vœu de profil bas.

Mi-avril, au Sénat, il jurait donc qu’il ne rejoindrait pas la cohorte des ambitieux : "Je vous le dis avec beaucoup de gravité. Je ne suis pas candidat à l'élection présidentielle. Donc n'ayez pas de problème avec ce gouvernement. On va faire tout ce qu'on peut pour faire avancer le pays pendant un an."

Assurer un minimum de stabilitéMalgré tout, le doute subsiste. Ne sera-t-il pas, comme tous les Premiers ministres ou presque, frappé par la malédiction de Matignon ? Quiconque franchit ces grilles se met à rêver du Palais suivant, l’Élysée.

Mais en petit comité, il martèle : "Je n’ai pas changé de réglage". "Il n’est pas candidat", jure un ministre. "Il faudrait vraiment une succession de circonstances inattendues et improbables pour qu’il le soit", explique-t-il.