Le Devoir vous convie à un voyage dans le temps à travers les fresques historiques de la télévision québécoise. Nous remontons aujourd’hui à la seconde moitié du XVIIe siècle avec Shehaweh, diffusée au printemps 1993.

Nous sommes en 1665, dans un village iroquois près du lac Ontario. La jeune Shehaweh, 12 ans, vient tout juste d’avoir ses premières règles lorsqu’elle est enlevée par les guerriers d’une nation autochtone rivale. Ligotée dans un canot, elle est libérée par des coureurs de bois français croisés par hasard, puis violée par ces derniers. Il s’est écoulé huit minutes à peine depuis le générique d’ouverture de la série…L’adolescente autochtone, incarnée par Annie Galipeau, n’est pas au bout de ses peines. Transportée à Montréal, elle est enfermée à l’Hôtel-Dieu de Jeanne Mance, où elle est baptisée à son insu. Elle est ensuite soumise à un exorcisme sous le regard catastrophé de Maisonneuve. « Nous en avons tué des centaines et nous continuons de les tuer chaque jour », lance le gouverneur repenti joué par Pierre Curzi.Marina Orsini prend le relais d’Annie Galipeau lors du passage de Shehaweh à l’âge adulte. « C’est une série qu’on ne pourrait plus faire aujourd’hui, avec la question de l’appropriation culturelle, fait observer l’actrice en entrevue au Devoir. Il y a une sensibilité qui s’est développée depuis, avec raison. »Pour incarner l’héroïne iroquoise, Marina Orsini se fait maquiller de la tête aux pieds, debout sur une table. Elle en profite pour réviser ses notions de langue mohawk à l’aide d’un Walkman typique des années 1990.