En parcourant les vestiges de la maison en bois qu’il avait lui-même construite dix ans plus tôt, Mario Freitas, menuisier, regarde son beau-frère retirer des morceaux de fibre de carbone d’un amas de décombres calcinés.« C’est mon vélo en carbone ; c’était un cadeau », dit M. Freitas, 61 ans.Les restes de sa bicyclette comptaient parmi les rares débris encore reconnaissables sur sa propriété, lundi, après le brasier qui a balayé son village le mois dernier, réduisant même le béton en poussière. De la maison et de l’atelier de M. Freitas, il ne reste qu’un tas de tuiles et des morceaux de métal, dont plusieurs cadres de lit.« C’est assez difficile de voir comment on pourra être indemnisés », dit M. Freitas d’une voix blanche, le regard posé sur les ruines dans son jardin. « De toute façon, ça ne correspondra jamais à ce qu’on a perdu », ajoute-t-il.Il retient ses larmes pour que sa femme ne le voie pas pleurer.C’est la première fois en 13 jours que M. Freitas est autorisé à revenir dans la maison où il vivait depuis une décennie. Son village, Le Porge, s’est retrouvé sur la trajectoire du plus important incendie qu’ait connu la France depuis des décennies. Le feu a ravagé plus de 40 000 hectares de forêt et provoqué la plus vaste évacuation en temps de paix de l’histoire du pays.