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ReportageLe département normand reste marqué par la mémoire de la grave crise de 1976, qui avait conduit à mettre en place un impôt « exceptionnel de solidarité ». Cinquante ans plus tard, il subit à nouveau une sécheresse critique.
La rivière aux eaux brunes semble à l’agonie. En contrebas de la cathédrale de Coutances, dans la Manche, la Soulles est presque figée. Les arbres qui enserrent le cours d’eau normand sont encore verts, mais le resteront-ils jusqu’à la fin de cet été marqué par une sécheresse exceptionnelle ? Ça-et-là, leurs racines d’ordinaire immergées se découvrent, à mesure que le ruban liquide s’étiole. « Si les anciens revenaient, ils se diraient : “Qu’est-ce qu’on a fait de nos rivières ?” », murmure Michel Philippe, président de l’association de pêche et de protection du milieu aquatique du bassin de la Sienne.
De mémoire de pêcheur, la Soulles se trouve à peu près aux mêmes niveaux d’eau que lors de la sécheresse historique de 1976 – la clarté des écoulements et les poissons en moins, du fait, notamment, des pollutions subies depuis. Les débits de plusieurs rivières de la Manche témoignent d’une situation hydrologique critique, comparable à la crise subie il y a un demi-siècle, ancrée dans les souvenirs comme une « calamité nationale ». La sécheresse avait alors été si longue et si intense, en particulier dans l’ouest et le nord-ouest de l’Hexagone, qu’un impôt « exceptionnel de solidarité », associé à un plan d’aide aux agriculteurs, avait été décidé par le gouvernement, fin août.









