Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Intelligence artificielle Intelligence artificielle Intelligence artificielle Tribune Cédric Dubucq Avocat Depuis le 22 juillet en France, les « aperçus IA » s’affichent en haut de chaque page de résultats du moteur de recherche. En captant la valeur produite par d’autres, le géant numérique se livre à une pratique parasitaire, explique l’avocat Cédric Dubucq, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 17h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Il faut saluer l’exploit. Google a inventé le lecteur idéal : il lit tout, cite tout le monde, et vous dispense d’aller voir. Depuis le 22 juillet, les internautes français découvrent les « AI Overviews » (ou « aperçus IA »), ces résumés générés par intelligence artificielle qui trônent désormais au sommet de la page de résultats de leurs requêtes, avant les liens, avant les sources, avant tout le monde. Le moteur de recherche, qui jusque-là avait pour fonction de vous rediriger, a trouvé mieux : il vous garde chez lui, grâce à la marchandise des autres. Le procédé mérite qu’on s’y arrête, car il est d’une élégance rare. Pendant vingt-cinq ans, Google a bâti sa fortune sur un pacte tacite entre lui et les éditeurs : eux produisent, lui indexe et leur apporte du trafic, et tous en profitent, surtout Google. Ce pacte était léonin, mais c’était un pacte. Le voici dénoncé unilatéralement, par la grâce d’un résumé. Selon de récentes études, les taux de clic vers des liens directs peuvent chuter de moitié quand l’aperçu IA s’affiche. C’est ce qu’a déploré une responsable du site Internet du Daily Mail, au Royaume-Uni, où l’expérience tourne depuis deux ans. L’éditeur a nourri la machine, qui le rend désormais superflu. La France, il est vrai, avait résisté. Deux ans de quarantaine, le temps que Google compose avec cette bizarrerie hexagonale qu’est le droit voisin des éditeurs de presse, né de la loi du 24 juillet 2019. On se souvient que la firme de Mountain View, en Californie, avait d’abord accueilli ce texte avec la considération qu’elle réserve aux lois qui la dérangent : elle avait feint de négocier. L’Autorité de la concurrence avait salué cette duplicité à sa manière, une amende de 500 millions d’euros en 2021, de 250 millions en 2024. A ce tarif, la mauvaise foi était rentable. Consentement du naufragé Puis vinrent les engagements, annoncés avec la solennité des conversions tardives. Un droit de retrait, d’abord : chaque éditeur pourra choisir de ne pas figurer dans les résumés. Admirons la subtilité de l’alternative. Rester, c’est être pillé ; partir, c’est disparaître d’un écosystème où Google concentre l’essentiel des points d’entrée du Web. C’est le consentement du naufragé à qui l’on demande s’il préfère la planche ou la mer. Il vous reste 56.99% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Avec ses résumés rédigés par l’IA, Google ne vous redirige plus : il vous garde chez lui grâce à la marchandise des autres »
TRIBUNE. Depuis le 22 juillet en France, les « aperçus IA » s’affichent en haut de chaque page de résultats du moteur de recherche. En captant la valeur produite par d’autres, le géant numérique se livre à une pratique parasitaire, explique l’avocat Cédric Dubucq, dans une tribune au « Monde ».
Google déploie depuis le 22 juillet les « AI Overviews » en France : résumés IA affichés avant les liens, réduisant les clics vers les sources de près de 50%. Pour les éditeurs, c'est la rupture du pacte : Google capture la valeur du contenu sans rediriger le trafic, installant un monopole de captation unilatérale.










