Société L’opération de désinformation, menée par le réseau pro-russe Storm-1516, se basait sur un faux média reprenant les codes exacts du média en ligne Blast. Édouard Philippe avait déjà été visé par le groupe qui ciblait Raphaël Glucksmann. Photo Benjamin Vodant/Hans Lucas Par Télérama, avec AFP Publié le 05 août 2026 à 11h29 Mis à jour le 05 août 2026 à 11h51 «Entièrement truquée » : Raphaël Glucksmann, probable candidat à la présidentielle et critique virulent de Vladimir Poutine, a été la cible d’une opération russe de « déstabilisation » impliquant sa compagne la journaliste Léa Salamé et le journaliste Edwy Plenel. « Le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) m’a informé que j’étais la cible d’une attaque du groupe Storm-1516, directement piloté par le GRU », les services secrets de l’armée russe, a indiqué l’eurodéputé social-démocrate sur ses réseaux sociaux. Cette opération de désinformation a été détectée en fin de semaine dernière et a bien été menée par Storm-1516, a confirmé mardi à l’AFP une source sécuritaire. Le même réseau pro-russe avait déjà ciblé en juillet un autre candidat à la présidentielle, Édouard Philippe, via des posts sur les réseaux sociaux relayant de fausses informations sur sa santé. Cette fois-ci, les publications pointées du doigt visent le patron de Place Publique, l’un des responsables politiques français les plus critiques envers Vladimir Poutine. Il a aussi été, de 2009 à 2013, le proche conseiller de l’ancien président géorgien pro-occidental Mikhaïl Saakachvili, emprisonné pour abus de pouvoir. À lire aussi : Municipales 2026 : gare aux faux sites d’info qui se font passer pour la presse locale Tout comme celle visant Edouard Philippe, l’opération à l’encontre de Raphaël Glucksmann a eu « un niveau de visibilité relativement faible » sur les réseaux, selon la source sécuritaire. Elle pointe toutefois une manipulation « relativement sophistiquée », avec le recours à un deepfake, à savoir « le détournement de l’identité et de la voix d’une personne médiatiquement connue pour donner de la visibilité », ici Edwy Plenel. LFI aussi ciblée pendant les municipales Raphaël Glucksmann explique que l’attaque s’est faite par le biais d’un faux média « fabriqué de toute pièce », reprenant les codes exacts du média en ligne Blast, pour « produire de faux documents, reproduire des voix grâce à l’intelligence artificielle, diffuser une vidéo entièrement truquée » impliquant sa compagne et le journaliste. Cette vidéo affirme que Léa Salamé aurait tenté de soudoyer des médias pour favoriser la candidature de son mari. « Le but est de rendre viral un mensonge total pour salir des personnalités considérées comme hostiles par le régime russe », déplore Raphaël Glucksmann, un « mode opératoire typique des services russes partout en Europe », selon lui. À lire aussi : Léa Salamé se mettra “évidemment” en retrait du “20 heures” si Raphaël Glucksmann est candidat en 2027 Son rival à gauche Jean-Luc Mélenchon (LFI) a jugé « urgent de se protéger collectivement contre ces campagnes de déstabilisation ». Lui aussi dans la course à l’Elysée, il a fait savoir sur X que le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard avait présenté au Premier ministre Sébastien Lecornu des « propositions ». « Il devait nous revoir. Pas de nouvelles », déplore-t-il. « Il est temps d’organiser un front commun contre les ingérences », affirme-t-il, rappelant que plusieurs candidats Insoumis aux municipales avaient eux aussi été victimes de telles opérations de déstabilisation, cette fois venues d’Israël. Il s’agissait d’un réseau « complexe » de sites web et comptes de réseaux sociaux, menant vers une entreprise liée à un ex-membre des renseignements israéliens, selon les autorités françaises. Une enquête a été ouverte. Pour Raphaël Glucksmann, « la campagne de 2027 sera marquée par des ingérences massives ». Il accuse Vladimir Poutine de vouloir faire « basculer la France » pour obtenir « l’implosion du bloc européen ». « Ses services cibleront donc tous les candidats démocrates et pro-européens », prévient-il. Et d’affirmer qu’il sera particulièrement visé car « en première ligne pour défendre la souveraineté européenne ». « Loin de m’intimider, leur hostilité me motive. Nous ne laisserons pas les sbires du Kremlin ébranler notre démocratie », conclut l’eurodéputé. Découvrir la note et la critique “Complément d’enquête”, sur France 2 : fake news, lobbying… comment la Russie tente de déstabiliser la France Société Politique Russie Intelligence artificielle Désinformation Communication politique Léa Salamé Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? 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Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann visé par un “deepfake” d’origine russe
L’opération de désinformation, menée par le réseau pro-russe Storm-1516, se basait sur un faux média reprenant les codes exacts du média en ligne Blast.










