C'était en septembre 2024, dans les colonnes du Point : "Je serai candidat à la prochaine élection présidentielle", déclarait Édouard Philippe, plus de deux ans avant l'échéance. Depuis, l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron s'était fixé pour projet de n'amorcer sa campagne qu'à la rentrée prochaine. Mais c'était sans compter sur Gabriel Attal qui s'est lancé à ses trousses en mai dernier, précipitant le calendrier.

Gérer son temps. Ne pas ouvrir son jeu trop tôt. C'était l'obsession d’Édouard Philippe, traumatisé par l'échec d'Alain Juppé à la primaire de la droite de 2016, après une campagne trop vite entamée. Jusqu'à ce que, fin mai, un autre Premier ministre d'Emmanuel Macron annonce qu'il se lançait dans l'arène : "J'ai décidé d'être candidat à la présidence de la République", déclarait Gabriel Attal le 22 mai lors d'un déplacement dans l'Aveyron.

Alors, pour Philippe, c'est toute une stratégie qu'il faut revoir. Fini les déplacements sans journalistes et les prises de parole au compte-gouttes. Petit à petit, avec un peu d’avance, il a dû endosser ses habits de candidat plus tôt que prévu. Un grand meeting à l'Adidas Arena début juillet, des interviews dans la presse... Hors de question de laisser sa relative avance s’effriter. "Édouard, c’est un gros diesel", sourit un soutien. Et pour cause : avec Attal, un pacte a été scellé : si, d'ici février, le risque d’un duel entre La France insoumise et le Rassemblement national devient trop fort, l’un des deux se retirera. D’ici là, il faut faire la différence.