Boy George, qui a publié un titre soutenant les actions de l’armée israélienne à Gaza, a annoncé quitter la comédie musicale “Jesus Christ Superstar”. Le groupe de Robert Del Naja, lui, a été banni de Singapour pour avoir brandi un drapeau palestinien en concert. Le musicien britannique Boy George affichait déjà son soutien à Israël lors de l’Eurovision 2026 où il représentait Saint-Marin. Photo Tobias Schwarz/AFP Par Rachel Rousseau Publié le 03 août 2026 à 17h35 La culture est éminemment politique. Elle peut même devenir le miroir des tensions qui animent notre société. En l’espace de quelques jours, deux polémiques sont venus confirmer ce principe. En début de semaine dernière, le chanteur britannique Boy George, figure des années 1980 au sein du groupe Culture Club, publiait une chanson soutenant les actions de l’armée israélienne sur Gaza. Intitulé We Will Dance Again, traduction du slogan hébreu Od Nirkod né en Israël à la suite des attaques du Hamas sur le festival de musique techno Nova, le 7 octobre 2023, ce titre présente des paroles qui expriment clairement sa position. « Vous parlez de génocide, je parle de guerre / Quand on est attaqué, c’est à ça que sert l’armée / Est-ce que ça tourne mal ? Évidemment, lorsque l’on sait que tu veux tuer jusqu’au dernier d’entre nous. » Plus loin, Boy George blâme les artistes soutenant la Palestine : « Vous condamnez les Juifs avec une mémoire sélective / Des musiciens qui brandissent des drapeaux, en bêlant comme des moutons / La propagande nourrie par internet paraît dérisoire. » Deux jours plus tard, le groupe britannique Massive Attack brandissait précisément un drapeau palestinien, lors d’un concert à Singapour, avant d’entonner le slogan « Free Palestine » avec le public. Deux engagements opposés exprimés sur un terrain commun, celui de la musique, avec des conséquences qui témoignent d’un débat exacerbé. Paul Kemsley, manager de Boy George, a annoncé que le chanteur quittait l’affiche de la comédie musicale Jesus Christ Superstar, programmée du 3 au 15 août à Londres. « George n’a jamais eu peur de défendre ses opinions personnelles et je l’ai toujours respecté pour cela. Mais je crois qu’il est de ma responsabilité de prendre des décisions dans le meilleur intérêt de mon artiste, tout en témoignant également du respect aux autres », a-t-il écrit sur Instagram. L’artiste devait incarner le personnage du roi Hérode, mais sa chanson a suscité de vives critiques. « J’accepte que beaucoup de gens soient en désaccord avec mon point de vue, c’est là tout l’intérêt de la démocratie, aussi imparfaite soit-elle », a-t-il écrit sur X. Lors de l’Eurovision, le chanteur de 65 ans, représentant du micro-État de Saint-Marin (dont il ne fait pas partie), avait déjà affiché une opinion similaire. Si des pays comme l’Islande ou l’Espagne se sont retirés du concours en opposition à la présence d’Israël, tandis que d’autres ne se prononçaient pas, l’artiste avait déclaré son soutien à la participation du pays, en refusant de se joindre à ce mouvement de boycott. Robert Del Naja, membre de Massive Attack, confie avoir vécu une « expérience surréaliste » après avoir été détenu par la police de Singapour. Photo Valentin Flauraud/AP/Sipa Du côté de Singapour, la réponse aux positions de Massive Attack a pris une autre tournure. D’après une publication sur Instagram, le groupe de Robert De Naja et Grant Marshall a été « détenu par la police, isolé et interrogé séparément » et « certains membres ont subi des fouilles de leurs chambres d’hôtel et une confiscation temporaire de leur passeport ». « Nous n’imaginions pas que le simple fait de brandir le drapeau d’un État souverain reconnu par 157 pays [la Palestine] enfreindrait une loi », affirment-ils. La cité-État présente des lois strictes en matière de liberté d’expression, interdisant notamment l’affichage public de drapeaux étrangers sans autorisation. Après enquête, la police locale a expliqué avoir « adressé des avertissements sévères aux deux hommes » et leur avoir interdit de revenir à Singapour. Confiant avoir vécu une « expérience surréaliste », Massive Attack a souligné le courage de son public, lequel a commencé à scander les slogans de soutien à la Palestine avant le début du concert, tout en sachant qu’il pouvait « enfreindre les lois de censure de son gouvernement » : « Nous sommes fiers d’avoir partagé cette expression spontanée avec nos fans à Singapour, qui ressentaient manifestement un impératif moral de montrer leur solidarité avec le peuple palestinien ». Le groupe est parmi les artistes les plus engagés dans ce sens. Robert Del Naja avait déjà été arrêté, en avril, lors d’une manifestation londonienne en soutien à Palestine Action, une organisation interdite par les autorités britanniques. À lire aussi : “Pas de musique pour le génocide” : plus de 400 artistes et labels ne sont plus écoutables en Israël Musique Conflit israélo-palestinien Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus
Boy George, Massive Attack et le conflit israélo-palestinien… quand la scène devient le miroir des tensions du monde
Boy George, qui a publié un titre soutenant les actions de l’armée israélienne à Gaza, a annoncé quitter la comédie musicale “Jesus Christ Superstar”. Le groupe de Robert Del Naja, lui, a été banni de Singapour pour avoir brandi un drapeau palestinien en concert.











