Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Guerres au Proche-Orient Guerres au Proche-Orient Guerres au Proche-Orient Éditorial Le Monde Tout progrès dans l’étroite bande de terre reste tributaire des autorités israéliennes. La campagne électorale pour les élections législatives est plutôt propice à une détestable surenchère. Publié aujourd’hui à 10h58, modifié à 10h58 Temps de Lecture 2 min. Read in English Le 30 juillet, le président des Etats-Unis, Donald Trump, a annoncé une avancée potentiellement majeure à Gaza : . Le 2 août, les services de santé de l’enclave ont fait état de la mort de 18 personnes au cours des heures précédentes à la suite de bombardements israéliens, pendant qu’un ministre de la coalition dirigée par Benyamin Nétanyahou assurait que l’objectif d’Israël est de prendre le contrôle de la totalité de Gaza. Cette contradiction tragique entre le discours et les faits témoigne de la difficulté d’un retour à un semblant de normalité à Gaza, où les conditions de survie de plus de 2 millions de personnes restent extrêmement précaires au milieu des ruines, des ordures et des rats. L’annonce du désarmement du Hamas, après son renoncement à gérer l’étroite bande de terre, est un pas essentiel pour obtenir le retrait de l’armée israélienne d’un territoire anéanti par la guerre conduite par Israël après les massacres du 7 octobre 2023 perpétrés par la milice islamiste et envisager la perspective d’une reconstruction. L’annonce de Donald Trump a traduit une impatience compréhensible. Depuis l’accord de cessez-le-feu qui a mis fin à la guerre, il y a plus de neuf mois, plus de 1 200 Palestiniens ont péri dans les frappes israéliennes. Dans le même temps, l’armée de l’Etat hébreu a accru son emprise en contrôlant désormais environ 70 % de l’étroite bande de terre. Jamais l’équipe de technocrates palestiniens sélectionnés pour assurer l’administration au quotidien de Gaza n’a été autorisée par Israël à s’y rendre. Le projet de déploiement d’une force internationale pour maintenir l’ordre et empêcher le retour des groupes armés est resté également lettre morte. Rien n’a avancé. Le Hamas porte évidemment sa part de responsabilité, tant il a tardé à prendre acte de la catastrophe qu’il a déclenchée en faisant le choix de la barbarie le 7-Octobre. La riposte israélienne, d’une disproportion inédite, qui nourrit les accusations les plus graves, a entraîné une dévastation sans précédent de Gaza et causé la mort de dizaines de milliers de Palestiniens, majoritairement des civils. L’acceptation d’un désarmement, à condition qu’il soit effectif, n’en est pas moins une concession importante. Surtout quand on la compare avec le refus catégorique de la milice du Hezbollah, au Liban, de s’engager dans cette voie. Mais tout progrès à Gaza reste tributaire des autorités israéliennes, et la campagne électorale pour les élections législatives du 27 octobre est plutôt propice à une détestable surenchère. Il a fallu attendre trois jours pour obtenir une réaction officielle de l’Etat hébreu à l’annonce du président des Etats-Unis et, sans surprise, cette réponse est négative. Certes, l’accord annoncé par Donald Trump manque de précision, notamment sur les modalités de la collecte des armes. Il est dépourvu de calendrier et ne détaille pas comment ses deux objectifs principaux, le désarmement et le retrait de l’armée israélienne, doivent s’orchestrer. Mais la coalition que dirige Benyamin Nétanyahou n’offre aucune alternative à un statu quo inacceptable. Les choses sont claires pour le locataire de la Maison Blanche, sans implication significative de sa part, l’accord annoncé le 30 juillet restera une occasion manquée et sa parole perdra un peu plus de son crédit, dans un Moyen-Orient où elle est déjà considérablement dévaluée. Le Monde