Pour sa 20e édition, Fierté Montréal amorce une profonde transformation. Porté par une équipe renouvelée, le festival recentre sa programmation sur les communautés locales et réaffirme sa dimension militante dans un contexte où les attentes envers les événements de la diversité sexuelle et de genre sont en pleine évolution.
L’année 2026 s’annonce charnière pour Fierté Montréal. Au-delà de son 20e anniversaire, le festival entend faire de ce jalon un moment de réflexion et de transformation grâce à une organisation et à une programmation entièrement repensées.L’organisation de l’événement intervient dans un contexte particulier, puisque les attentes envers les grands rassemblements liés à la diversité sexuelle et de genre ont considérablement évolué. Après des critiques de pinkwashing envers Fierté Montréal, soit l’utilisation de la cause queer à des fins d’image ou de communication sans engagement jugé suffisant envers les communautés, une vingtaine d’organismes ont d’ailleurs quitté le festival en 2025 pour lancer leur propre rendez-vous en parallèle, la Wild Pride (Fierté indomptable).
« Au cours des dernières années, plusieurs voix se sont élevées au sein des communautés artistiques et des médias communautaires, explique Higino Monteiro, directeur par intérim de Fierté Montréal. Notre responsabilité, en tant qu’organisation, est de les écouter, de les entendre et de réfléchir à la manière dont nous pouvons nous améliorer. C’est pour cette raison que nous avons entamé un nouveau chapitre. »Cette volonté de changement a conduit à un remaniement de l’équipe et du conseil d’administration. Simon Gamache, alors directeur général, s’est retiré tandis que de nouveaux visages ont rejoint l’organisme dans une volonté de renouer avec les fondements du mouvement. Une Fierté qui se veut solidaire des luttes LGBTQ + et offrant un lieu de célébration plus inclusif et sécuritaire.Une programmation élargieL’organisation a également créé des espaces de dialogue en mettant sur pied des comités consultatifs communautaires et de programmation, afin que les réalités, les besoins et les voix des organismes, des artistes et des collectifs soient davantage pris en compte dans ses décisions.Composés de membres volontaires issus d’organismes communautaires et de collectifs artistiques, ces comités ont alimenté les réflexions et les prises de décision de l’organisation en amont du festival. « La diversité des réalités au sein des communautés fait en sorte qu’il est possible de passer à côté de certains groupes ou enjeux. Ces comités nous aident à repérer nos angles morts et à rendre la programmation la plus équitable et inclusive possible », souligne Catherine Girard Lantagne, nouvelle cheffe de la programmation de Fierté Montréal.






