Une masse sombre de nuages planait bas au-dessus de North Charleston alors que le colonel des Marines Charles «Tre» Del Pizzo entamait sa descente. C’était un dimanche après-midi, fin septembre 2023. Del Pizzo avait les mains sur le manche et la manette des gaz d’un F-35B Lightning II, le chasseur furtif le plus avancé de l’armée américaine, un superordinateur ailé d’une valeur de 136 millions de dollars. Le F-35B peut voler en stationnaire comme un hélicoptère, et Del Pizzo comptait utiliser cette technologie pour atterrir.Del Pizzo venait de terminer une sortie d’entraînement au-dessus de l’Atlantique avec un deuxième pilote de F-35B, s’exerçant à des manœuvres tactiques à plus de 500 mph et à une accélération équivalente à sept fois la force de gravité. Il avait besoin de se familiariser avec les atouts et les faiblesses de cet avion. À 48 ans, il était colonel à part entière, s’apprêtant à prendre le commandement d’un escadron à Yuma, en Arizona, une mission très en vue visant à affiner les stratégies et procédures aériennes des Marines, notamment celles relatives au F-35.
La Suisse et ses F-35
Le 30 juin 2021, le Conseil fédéral a finalement choisi le F-35A de Lockheed Martin comme nouvel avion de combat pour l’armée suisse. Le contrat est signé le 19 septembre 2022. La commande initiale de 36 appareils pour 6 milliards de francs a été baissée à 30 en raison de la hausse du prix. L'assemblage du premier caisson de voilure a débuté en mai 2026, en Géorgie. Les premiers avions devraient atterrir sur le sol helvétique à partir de la mi-2028. Mais une initiative populaire «Non aux F-35» a été lancée au printemps 2026 et doit récolter ses signatures avant le 28 octobre 2027.Alors qu’il s’approchait de la base aérienne de Charleston, en Caroline du Sud, il savait qu’il allait rencontrer quelques turbulences. Les prévisions avaient annoncé que le temps allait s’améliorer, mais c’est le contraire qui s’est produit. De lourds nuages s’étaient installés, formant un immense rideau gris. Il a traversé des turbulences, des traînées de précipitations sur la verrière, une visibilité nulle. Il allait utiliser ses instruments pour s’en sortir. Rien d’extraordinaire. Les pilotes effectuent tout le temps des atterrissages aux instruments dans des conditions aussi difficiles.














