Le comédien, qui avait débuté en fanfare son inattendue carrière au cinéma, a eu du mal à enchaîner après le succès du film de Boris Lojkine. Mais il semblerait que son attente touche à sa fin. Abou Sangare, récompensé de son César du Meilleur espoir masculin en 2025. (Photo by Thomas SAMSON / AFP) THOMAS SAMSON / AFP Par Olivier Granoux Publié le 01 août 2026 à 17h00 Révélé en 2024 dans le film de Boris Lojkine L’Histoire de Souleymane, Abou Sangare avait ému les spectateurs français dans son rôle de jeune livreur sans papiers au quotidien angoissant, luttant pour obtenir le statut de réfugié. Son jeu intense lui avait permis d’être récompensé successivement par le Prix d’interprétation masculine dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes 2024, puis du César de la Meilleure révélation masculine en 2025. Un comble pour celui qui n’avait jamais été comédien auparavant, et connaissait comme son personnage les affres de la vie de sans-papiers. Arrivé en France à 16 ans, diplômé en mécanique poids lourds, il était sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) après plusieurs refus à ses demandes de régularisation. Le succès du film et sa récompense aux César lui avaient permis d’obtenir un titre de séjour en bonne et due forme, lui permettant de vivre et travailler légalement en France, dans un garage du côté d’Amiens, puis sur divers chantiers. Une véritable satisfaction pour celui qui, pendant la promo du festival de Cannes, expliquait : « Refaire du cinéma ? Si ça se présente, pourquoi pas ? Mais moi, ce que j’aime, ce que je sais faire, c’est la mécanique… » De retour sur un plateau de tournage Pourtant, le cinéma ne l’avait pas oublié ; mais freiné par sa situation administrative toujours compliquée, il n’avait pu jusqu’ici répondre pleinement aux sollicitations — celle du réalisateur Ladj Ly, notamment, dans Diable Noir, un biopic du père d’Alexandre Dumas. Mais il semblerait que le vent tourne enfin : Abou Sangare est au casting de L’Or Rouge, le premier long-métrage du cinéaste belge Mathieu Volpe, dont le tournage démarre le 3 août. Le réalisateur, passé par le documentaire social où il s’est fait remarquer, s’est spécialisé dans les récits qui questionnent le quotidien et l’intégration en Europe des exilés venus d’Afrique. Son dernier film, Eldorado, Magritte du Meilleur court-métrage de fiction en 2025, racontait l’histoire d’Awa, une Camerounaise conductrice de dameuse dans les Alpes, qui aidait un jeune migrant à traverser la frontière enneigée entre l’Italie et la France. Coproduit par les frères Dardenne, L’Or Rouge semble donc un écrin parfait pour revoir à l’écran Abou Sangare, et profiter à nouveau de sa présence magnétique. Cinéma Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus