La réaslisatrice sénégalaise Angèle Diabang, à Dakar, le 5 septembre 2025. CARMEN ABD ALI / AFP

Lorsqu’elle s’est lancée, il y a douze ans, dans l’adaptation de l’un des romans les plus réputés d’Afrique de l’Ouest, la réalisatrice Angèle Diabang était loin de s’imaginer que son film détrônerait les blockbusters américains au Sénégal. Sans effets spéciaux ni stars hollywoodiennes, son film Une si longue lettre, sorti en juillet, a fait un tabac ces derniers mois à Dakar, allant jusqu’à éclipser des productions comme Jurassic World : Rebirth, avec la star américaine Scarlett Johansson, F1 ou encore Superman.

Une si longue lettre, roman épistolaire majeur publié en 1979 par l’autrice sénégalaise Mariama Bâ, raconte l’histoire de Ramatoulaye Fall, prise au dépourvu et perturbée lorsque son mari prend une seconde épouse plus jeune. La romancière fut l’une des premières à décrire avec tant d’acuité et d’empathie la condition de la femme et ses défis dans la société sénégalaise de l’époque. A travers une série de lettres adressées à une amie, Aïssatou, Ramatoulaye réfléchit à son cheminement, dans un récit abordant la vie au côté d’un mari polygame, la sororité, l’émancipation féminine, le conflit entre tradition et modernité. L’ouvrage, resté très célèbre au Sénégal, est inscrit au programme au collège et à l’université.