La liberté d’expression ne peut pas être avancée pour tout justifier, ni pour détourner l’attention des faits. C’est ce qu’inspirent les réactions outrées suscitées en France, dans les milieux acquis au Kremlin par conviction ou intérêt, par l’arrêté d’expulsion révélé par Libération visant l’ancienne responsable de la chaîne prorusse RT France Xenia Fedorova, omniprésente dans les médias du groupe du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.
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Cet arrêté d’expulsion s’impose, selon les autorités françaises, en raison de la posture de Mme Fedorova, qui « contribue à la diffusion d’un discours de désinformation et de déstabilisation », « visant à manipuler l’opinion publique », « à saper la confiance des citoyens européens, et en particulier des citoyens français, en leurs institutions ». Elles en concluent que « son comportement porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’Etat ».
Si un reproche peut être adressé aux autorités françaises, c’est d’avoir tardé à tirer les conséquences de la fonction de propagandiste à la solde de la Russie qu’elles attribuent depuis longtemps à Mme Fedorova. Elles mettent en cause un discours univoque, présentant Kiev et ses alliés européens comme seuls responsables du bain de sang déclenché par la Russie en 2022, et de sa perpétuation.












