Les incendies de cet été ne s'arrêtent pas aux frontières de l'Hexagone. D'autres pays en Europe sont en proie aux flammes. Plus de 361 000 hectares ont déjà brûlé sur le Vieux Continent depuis le mois de juin, d'après un décompte de franceinfo arrêté au 29 juillet, à partir des données de surveillance du Système européen d'information sur les feux de forêt (Effis), hors Ukraine et Russie. L'Espagne et l'Italie sont les deux pays européens les plus touchés, suivis par la France et le Portugal, comme le montre la carte ci-dessous.L'Espagne est le pays le plus affecté du continent, avec trois très gros incendies localisés autour de Madrid. A l'ouest de la capitale espagnole, le feu d'Avila a dévasté près de 44 000 hectares, entre le 22 et le 27 juillet. Cet incendie monstre a été rejoint par un autre brasier, parti de San Martin de Valdeiglesias, le 23 juillet, et qui s'est étendu sur près de 19 000 hectares. Au nord de Madrid, un feu parti de La Mierla, dans la province de Guadalajara, s'est étendu sur 33 000 hectares, entre le 16 et le 27 juillet. Au total, plus de 175 000 hectares ont brûlé depuis le mois de juin, soit près de trois fois plus que les près de 64 000 hectares recensés en France sur la même période.L'Italie est également très touchée. Des dizaines de feux de forêt et de végétation ont fait rage ces derniers jours en Sicile. Le voisin transalpin de la France cumule près de 66 000 hectares de surfaces brûlées depuis le mois de juin. Au Portugal, plusieurs incendies se sont déclarés cette semaine dans le Nord et le Centre. Le pays a connu des feux majeurs au début du mois. Le plus important, dans le district de Viseu, a parcouru plus de 13 000 hectares entre le 2 et le 8 juillet.Depuis le début de l'été météorologique, qui s'étend de juin à août, plus de 340 000 hectares ont été emportés par les incendies dans les pays de l'Union européenne, d'après les données de l'Effis, arrêtées au 29 juillet. Ce niveau est presque équivalent au record de plus de 352 000 hectares qui avait été atteint sur la même période en 2022. Mais la pire saison de feux jamais enregistrée dans l'Union européenne depuis le début du suivi Effis revient à l'été 2025 : plus de 825 000 hectares de forêt et de végétation avaient été emportés par les flammes entre juin et août cette année-là.Ces incendies surviennent alors que l'Europe est frappée par une sécheresse intense depuis le début de l'été ainsi que par des températures exceptionnellement élevées. Le mois de juin 2026 a ainsi été le plus chaud jamais enregistré en Europe occidentale, a révélé l'observatoire climatique de l'Union européenne, Copernicus, le 9 juillet. La température moyenne en Europe occidentale a atteint 20,74°C en juin, soit plus de 3,05°C au-dessus de la norme de la période 1991-2020.Mardi 28 juillet, Simon Stiell, le secrétaire exécutif de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, a alerté sur les "proportions cauchemardesques" que prennent les catastrophes alimentées par le réchauffement climatique provoqué par l'homme. "Les coûts terribles de cette crise climatique, tant humains qu'économiques, atteignent désormais le niveau d'une urgence nationale", a déclaré ce responsable de l'ONU, en réaction notamment aux violents incendies qui frappent la France et l'Espagne. "Ce qu'il faut faire est (…) clair : abandonner plus rapidement le charbon, le pétrole et le gaz, développer les énergies renouvelables et protéger les populations là où les conséquences se font déjà le plus durement sentir", appelle-t-il.