Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Les négos de l’été L’épisode 4 sera disponible prochainement. Les négos de l’été L’épisode 4 sera disponible prochainement. Chronique Guillemette Faure « Les négos de l’été » (3/8). Qui dit grandes vacances dit gros et petits conflits à arbitrer. Pour ne pas gâcher l’ambiance, on évite de parler dépenses et partage d’additions. Et on privilégie le paiement fractionné, le meilleur ami de l’estivant fauché. Publié aujourd’hui à 07h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés « On verra après… » est, avec « Laisse, c’est pour moi », une des phrases les plus prononcées de l’été. Elle surgit quand quelqu’un attrape l’addition, sort sa carte à la caisse du supermarché ou règle un plein d’essence. « On verra après… » Après quoi ? Après le dessert ? Après les congés ? Après le 13e mois ? On sait juste qu’on ne tient pas à parler d’argent maintenant. Quel que soit l’état de son compte en banque, les vacances semblent gouvernées par l’idée qu’on ne va pas les gâcher en parlant d’oseille. D’où le feu d’artifice de « On fera les comptes dimanche », « Garde les tickets », etc. J’ai payé les glaces, tu prends l’essence. Il a réglé les courses, je paierai le paddle. L’été est une succession de minuscules dettes dont chacun espère qu’elles finiront par s’annuler toutes seules. Une stratégie consiste à assurer la première grande virée au supermarché pour se faire croire que désormais, les autres sont redevables, qu’on va bientôt toucher le jackpot quand ils nous rembourseront. C’est peut-être cela, au fond, les congés : une parenthèse où l’on suspend non seulement la réalité du monde, mais aussi celle de sa comptabilité personnelle. « Oh ! et puis, après tout, c’est les vacances », se dit-on à chaque dépense inconsidérée. Un peu comme un mariage dont le coût déraisonnable devient la preuve de son sérieux. Il vous reste 73.96% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.