Consacrée à la thématique “La maison et le monde”, la 31ᵉ édition de cette manifestation littéraire se tient dans l’Aude jusqu’au 31 juillet. Un festival à part, rythmé par des conférences, ateliers, spectacles, lectures et projections de films. Excursion cabalistique lors d’un séminaire talmudique avec Ivan Segré, philosophe et talmudiste, durant le Banquet du Livre de 2025. Photo Idriss Bigou-Gilles/Hans Lucas Par Juliette Cerf Publié le 25 juillet 2026 à 15h00 «L‘été dernier, au lendemain de notre édition 2025, un gigantesque incendie a détruit 17 000 hectares du massif des Corbières. C’est à ce moment-là, alors que nos maisons étaient encerclées par les bouleversements du monde, que le thème brûlant de cette année s’est imposé à nous », raconte Jean-Sébastien Steil, directeur du Banquet du livre, manifestation littéraire ayant lieu chaque année dans l’abbaye médiévale de Lagrasse, village de l’Aude situé entre Narbonne et Carcassonne. Après « Le choix des corps », qui, en 2025, a marqué les 30 ans du Banquet, « La maison et le monde » dessine de nouveaux horizons, rythmés, du samedi 25 au vendredi 31 juillet, par des conférences, des ateliers participatifs, des spectacles, des dédicaces, des lectures, des projections de films. Dont, évidemment, celle de La Maison et le Monde, chef-d’œuvre de 1984 du cinéaste indien bengali Satyajit Ray, tiré du livre éponyme (éd. Payot) du Prix Nobel de littérature Rabindranath Tagore, qui, entre mille et un autres titres, sera mis en avant dans les deux libraires qui accompagnent l’événement — Les arts de lire, librairie permanente de l’abbaye médiévale, et la Librairie du Banquet, éphémère, déployée dans le cellier par l’équipe d’Ombres blanches, de Toulouse. À l’heure des catastrophes écologiques, à l’heure des guerres, la question de l’habitabilité du monde est pleinement d’actualité. Jean-Sébastien Steil, directeur du Banquet du livre La maison et le monde : une thématique accueillante, ouverte, non dogmatique, à la croisée des arts et des disciplines, qui sied parfaitement au Banquet du livre, lieu de dialogue et de partage des savoirs, lié originellement aux éditions Verdier, où la pensée et la réflexion se sont toujours élaborées collectivement. « À l’heure du réchauffement climatique et des catastrophes écologiques, à l’heure des guerres et des déplacements forcés, la question de l’habitabilité du monde est pleinement d’actualité, commente Jean-Sébastien Steil. Objet de multiples violences et agressions, la maison qui pouvait dessiner une frontière protectrice entre soi et le monde est devenue extrêmement vulnérable. Le domestique et le social, l’intime et le global entrent, plus que jamais, en résonance. Comment habiter quand la maison et le monde ne font plus qu’un ? » Pour tenter d’y répondre, deux géographes ouvrent grand les frontières de leur discipline : Michel Lussault, le 28 juillet, avec une conférence intitulée « La Terre, notre maison commune ? », et Anne-Laure Amilhat Szary, le 30 juillet, avec « Dérèglements domestiques. Pour en finir avec le mythe de la maison protectrice ». Comment vivre ensemble ? Des questions prolongées par le philosophe Mathieu Potte-Bonneville, lors de son cours en trois temps, les 27, 29 et 31 juillet, « Foyers, issues, passages », qui interroge autant les échappées vers l’extérieur que le possible retour au logis. Non loin de la trajectoire mondiale des œuvres spoliées puis restituées, qu’analyse l’historienne de l’art Bénédicte Savoy le 31 juillet. Proche aussi des idées de l’autrice Hélène Giannecchini, qui, le 28 juillet, évoque ce qu’elle nomme les « maisons d’amitié » : comment vivre ensemble ?, quels modes de vie inventer pour ménager solitude et amitiés, ouverture sur le monde et intériorité ? Dedans dehors, encore et toujours : les habitués, tels l’historien Patrick Boucheron (qui parle cette année de la peste), le philosophe talmudiste Ivan Segré ou l’historien et archiviste Yann Potin (qui revient sur la panthéonisation de Marc Bloch), passeront le relais aux nouveaux venus, comme le metteur en scène Mohamed El Khatib, qui chaque jour, lit une lettre, en arpentant différents lieux du village. Ou la philosophe Jeanne Etelain (« La peau de la Terre : habiter la zone critique ») et la romancière Pauline Peyrade, qui rend hommage à Virginia Woolf et dialogue avec l’essayiste Marie Kock (« Ce que nos maisons gardent de nous »). Sans oublier l’épineux cas de la maison d’édition, dont s’empare l’historienne Anne Simonin, en revenant sur la figure de Bernard Grasset (1881-1955), jugé coupable d’indignité nationale, et surnommé à la Libération le « fürher de l’édition française ». La maison, comme partie du monde. À lire aussi : “Le Banquet du livre n’est pas seulement un lieu où l’on pense mais aussi un lieu où l’on peut vivre en engageant son corps” Livres Festivals d'été Rencontres culturelles Festivals Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus
Patrick Boucheron, Pauline Peyrade, Mohamed El Khatib… siègent au 31e Banquet du livre de Lagrasse
Consacrée à la thématique “La maison et le monde”, la 31ᵉ édition de cette manifestation littéraire se tient dans l’Aude jusqu’au 31 juillet. Un festival à part, rythmé par des conférences, ateliers, spectacles, lectures et projections de films.






