Organisé du 4 au 26 juillet, le Festival d’Avignon a enregistré une bonne fréquentation. Cette 80ᵉ édition a été traversée par plusieurs sujets d’actualité, de la canicule à l’érosion du soutien public à la culture. « Maldoror », d’après d’après Lautréamont et Roberto Bolaño, mise en scène de Julien Gosselin, programmé au In 2026 et présenté dans la Cour d’honneur du Palais des Papes. Photo Christophe Raynaud de Lage/Festival d’Avignon Par Tiphaine Le Roy Publié le 25 juillet 2026 à 11h15 La 80ᵉ édition du Festival d’Avignon s’achèvera au petit matin du 26 juillet, à l’issue d’une « Aube des questions » à laquelle assisteront les spectateurs les plus matinaux. Ce rendez-vous inédit, imaginé par l’équipe de Tiago Rodrigues, directeur du Festival, pour interroger le monde en compagnie d’artistes, scientifiques et membres de la société civile, aura lieu de 5 heures à 7 heures du matin, dans la Cour d’honneur du palais des Papes. La fréquentation du Festival qui s’est tenu sur trois semaines, avec quarante-sept spectacles — dont trente créations —, est en légère hausse avec 123 000 billets vendus cette année, contre 118 000 en 2025 (même si le nombre de billets mis en vente ayant augmenté, le taux de fréquentation, lui, a baissé de 96,7 % à 92 %). Comme chaque année, des thématiques ressortent. Pour cette édition, l’une des plus présentes était celle de la fratrie, à travers le poignant drame familial L’Hors-Présence ou Chimères du pays de Morsan, de Tiphaine Raffier — des frères et sœurs confrontés à la fin de vie de l’une des leurs. Avec aussi l’adaptation non moins bouleversante du roman de Camille de Toledo, Thésée, sa vie nouvelle, par Valérie Dréville et Guy Cassiers. Deux autres duos de frères ont également marqué cette édition. Celui, réel, formé par François et Christian Gremaud, dans le spectacle mis en scène par le premier, simplement intitulé Mon frère. Et celui, fictionnel, imaginé par les Brésiliens Christiane Jatahy et Wagner Moura autour des personnages de Tomas et Peter Stockmann dans Un procès – après l’ennemi du peuple, inspiré de la pièce d’Ibsen. La langue coréenne, invitée cette année, a permis quelques délicieuses découvertes, comme les trois spectacles du metteur en scène Jaha Koo. Parmi les grands moments de cette sélection, le plus saisissant fut Oiseau, lecture réalisée à partir du roman Impossibles Adieux, de Han Kang, par Isabelle Huppert et l’actrice coréenne Hyeyoung Lee, avec la participation de l’autrice, Prix Nobel de littérature 2024. Et la découverte la plus jubilatoire est incontestablement celle de la chanteuse Lee Jaram, qui a embarqué le public dans Neige, neige, neige, son adaptation en pansori (art coréen du récit accompagné au tambour) de la nouvelle de Tolstoï Maître et serviteur. Entrée remarquée du cirque dans la Cour d’honneur Ce bilan serait incomplet si n’y apparaissait pas le cirque, qui a plus que réussi son entrée dans l’histoire de la Cour d’honneur du palais des Papes avec Le Pas du monde, du collectif XY. Ses vingt-deux interprètes, acrobates et chanteurs, ont envoûté le public, captivé autant par la performance physique que par la poésie et la délicatesse de ce spectacle évocateur de la nature et de la notion d’entraide. Leur prise de parole en fin de spectacle, en forme de manifeste pour une attention urgente aux enjeux environnementaux et pour le service public de la culture, s’inscrivait dans le prolongement direct de leur geste artistique. LE PAS DU MONDE mise en scene par Collectif XY
Avignon 2026 : fréquentation stable et grandes inquiétudes du monde culturel
Organisé du 4 au 26 juillet, le Festival d’Avignon a enregistré une bonne fréquentation. Cette 80ᵉ édition a été traversée par plusieurs sujets d’actualité, de la canicule à l’érosion du soutien public à la culture.









