Un présentoir à cierges, une charpente aux airs d’abbaye, des tapis à prière, des chants spirituels… L’exposition estivale de la Fonderie Darling — une exposition au titre uniquement en anglais, A Light That Never Goes Out — nous entraîne dans la dévotion religieuse. Mais pas uniquement ou, du moins, pas forcément directement. La présence d’un plancher de danse, de musique techno et d’un essaim d’abeilles (!) instaure une autre ambiance.Issu de ce contraste entre les 13 œuvres au programme, le fil narratif proposé par Renaud Gadoury n’est pas toujours évident. Dans son texte, le commissaire maison explique ses choix, en s’appuyant sur les réflexions de Georges Didi-Huberman. Dans La survivance des lucioles, le philosophe et historien de l’art français s’oppose à l’idée qu’une civilisation puisse sombrer dans l’obscurité la plus totale. Il y aura toujours une source lumineuse, toujours une raison d’espérer de sortir de la noirceur.
Cette exposition, basée sur l’idée selon laquelle « la lumière ne s’éteint jamais », évoque de multiples manières pour résister aux systèmes d’oppression, à ceux-là qui tentent d’imposer une norme, une ligne de conduite. Sans surprise, les dogmes religieux sont une cible, d’où les nombreuses références au domaine du sacré.Les cierges, ici au nombre de 156 en version électrique, sont ceux de l’œuvre Untitled (Accumulated resonance of devotion) (2024) de Jeremy Shaw. L’apparent cloître porte le titre de Trinity (North Walk) (2026), une installation architecturale signée Simon Petepiece. Les tapis et les chants font partie de l’installation Al Madat (2014) de James Webb. Si aucun des trois ne semble dénoncer une quelconque autorité, c’est qu’ils extirpent de la pratique religieuse des éléments qui incarnent l’espoir.Inspiré par la dévotion et les effets hallucinatoires, Shaw avait occupé en 2024 la Fonderie Darling avec une installation ambitieuse autour de séances de transcendance collective. Son présentoir à cierges n’a pas la même envergure, mais il pointe aussi la méditation (ou la prière) comme un stade de cheminement personnel.Imposante par ses dimensions, l’œuvre de Petepiece, qui s’expérimente surtout de l’intérieur, est une structure sans fioritures, ses matériaux étant exposés (panneaux de gypse, montants d’acier). L’artiste, qui avait présenté plus tôt en 2026 une installation aux allures de cathédrale dans le cadre d’une exposition individuelle à la galerie Nicolas Robert, réussit à s’approprier des conventions architecturales. Le dépouillement qu’il propose cette fois reprend l’austérité monastique, perçu comme un retour bénéfique à l’essentiel.






