Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Planète Planète Planète Incendies Incendies Incendies La très chic station balnéaire est en proie aux aléas du dérèglement climatique : érosion côtière, montée des eaux et risque d’incendies. Elle a été complètement évacuée vendredi. Article réservé aux abonnés Et puis soudain, le Cap-Ferret s’est tu. Fini les cris d’enfants dans les vagues. Coupée la musique dans les bars. Remballés les étals des marchés. Fermées les cabanes à huîtres au bord du bassin d’Arcachon. En bus, en voiture, en bateau : vendredi 24 juillet, la presqu’île s’est vidée de ses dizaines de milliers d’estivants au gré des ordres d’évacuation de la préfecture de Gironde. Seuls sur le front, un millier de pompiers, assistés par des Canadair et des Dash, tentent désormais de contenir un incendie qui a déjà ravagé plus de 12 500 hectares de forêts et menace la presqu’île de Lège-Cap-Ferret. Un feu violent et erratique, qui rappelle la vulnérabilité de ce petit paradis aux aléas du dérèglement climatique. Une enfilade de villages sur une fine langue de sable prise en étau entre la houle de l’Atlantique et les passes du bassin, qui grignotent inexorablement ses côtes. Avec une seule échappatoire terrestre : une unique route départementale entourée de pins, qui a transformé la presqu’île en souricière et obligé les autorités à évacuer plus de 1 000 personnes en bateau. « Ça fait quatre ans qu’on s’y attendait », raconte Jean Mazodier, 86 ans, mémoire de la presqu’île. En 2022, les flammes avaient ravagé la forêt de la Teste-de-Buch, juste en face, de l’autre côté du bassin d’Arcachon. « J’avais déjà vécu des incendies, mais jamais d’une telle intensité, c’est impressionnant », témoigne-t-il. Au début du XIXe siècle, les pins avaient été plantés en masse sur la presqu’île pour fixer les dunes et assécher ce qui n’était encore qu’une zone marécageuse. « Mes ancêtres ont géré jusqu’à 30 000 hectares de pins, ils alimentaient les usines d’essence de térébenthine, c’était le pétrole de l’époque », raconte celui qui appartient à la cinquième génération de gestionnaires privés de la forêt de Lège-Cap-Ferret. Arrière-arrière-arrière-petit-fils de Frédérick Lesca, un des premiers propriétaires et bâtisseurs de la presqu’île, Jean Mazodier possède encore 150 hectares à la sortie de Lège. « Tout a brûlé. C’est comme perdre un enfant, dit l’octogénaire. Quand j’avais 10 ans, j’allais marquer les arbres. » Il vous reste 64.74% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.