Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement International International International Défense Défense Défense Alors que les moyens de surveillance et de transmission par satellite occupent une place de plus en plus importante dans les conflits actuels, « Le Monde » a pu exceptionnellement visiter la base spatiale française, inaugurée il y a un an à Toulouse, aux premières loges de ces nouveaux enjeux. Article réservé aux abonnés La guerre spatiale se joue presque sans bruit entre des murs blancs immaculés, au sein de la discrète et unique base militaire à vocation spatiale française, à Toulouse. Derrière des façades translucides se trouve le principal centre de commandement français des opérations spatiales. Mais dans ce dédale de couloirs feutrés aux faux airs de centre hospitalier, seules des maquettes de satellite suspendues dans le hall d’entrée trahissent l’activité du site, soumis à un très haut niveau de confidentialité. La « BA 101 », comme elle est aussi désignée, a été inaugurée il y a seulement un an. Les accès y sont restreints, les visites rarissimes. Même pour un média accrédité, la war room n’est pas accessible. Pour avoir une idée de son fonctionnement, il faut imaginer une vaste pièce où des dizaines de militaires siègent, concentrés, face à un planisphère géant, comme c’est le cas à Paris, à Balard, dans le 15e arrondissement, où le commandement de l’espace dispose encore d’un petit état-major. Sur la BA 101, la guerre spatiale n’a plus rien du roman d’anticipation. « Ici, nous fournissons la situation spatiale en temps réel », détaille le colonel Olivier Fleury, commandant de la brigade aérienne des opérations spatiales. Ses traits tirés parlent pour lui. Il gère « une centaine de demandes par jour ». Autant de requêtes destinées aux satellites français, qui « sont les yeux et les oreilles de la France dans l’espace, partout dans le monde ». Soit une petite dizaine d’appareils équipés, chacun, de capteurs spécifiques qui peuvent être orientés selon les besoins opérationnels. Trois de ces satellites, appelés « CSO », sont destinés à « l’observation », c’est-à-dire la captation d’images de haute résolution, de jour comme de nuit. Deux autres, dits « Syracuse », permettent de sécuriser les communications militaires françaises sur les théâtres d’opérations. Enfin, trois autres, appelés « Ceres », font de la captation de signaux électromagnétiques (téléphones, radars, radios, antennes, etc.) et permettent de cartographier des positions tout en aspirant éventuellement le contenu des ondes émises. Dans un contexte d’explosion de la conflictualité, l’accès aux services de ces satellites est devenu « indispensable », souligne le colonel Fleury. Il vous reste 73.92% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.