Sciences et Santé SantéChronique. Si l'espérance de vie et l'accès au soin n'ont jamais été aussi élevés en France, ces indicateurs masquent des stratégies de prévention à deux vitesses. Les plus défavorisés restent les plus touchés. Par le Pr Antoine Flahault*articleLecture 12 MinPublié le 24/07/2026 à 08:30bookmarkLes messages de préventions sont moins efficaces dans les catégories les plus populaires.lilartsy/UnsplashIl y a un certain paradoxe à parler d’échec en matière de politiques publiques en santé. En effet, d’une part, l’espérance de vie s’est littéralement envolée partout dans le monde depuis un siècle, à quelques à-coups près, comme ceux provoqués par les deux guerres mondiales, la pandémie de grippe espagnole, celle du sida ou encore celle du Covid-19. Et d’autre part jamais la santé n’a pesé autant sur les dépenses publiques et dans les comptes sociaux, la France étant sur les premières marches du podium en la matière parmi les pays de l’OCDE. En France, l’accès aux soins est quasi universel, servant toute la population. Au-delà de cet accès garanti, le service public de santé se distingue aussi par sa qualité et son efficacité, les plus riches comme les plus pauvres se faisant soigner dans les grands hôpitaux publics du pays tant pour des pathologies graves que courantes. Cependant, la prévention ne représente que la portion congrue (seulement 2,6 %) de ces dépenses de santé. Et si les Français sont assez égaux devant la pose d’un stent en cas d’infarctus, l’administration des dernières avancées thérapeutiques du cancer ou des maladies rares, il n’en est malheureusement pas de même concernant la prévention de ces pathologies. .