Publié le 24 juillet 2026 à 01:00.
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La cryptomonnaie a définitivement quitté sa niche. L’époque des «chercheurs d’or» en ligne cède la place à une logique financière froide. Quiconque croit encore aujourd’hui que la cryptomonnaie est un produit à éviter comme la peste confond préjugés et faits. Comme le formule Philipp Merkt, Chief Investment Officer (CIO) chez PostFinance, avec lucidité: «Les cryptomonnaies représentent aujourd’hui une option valable à intégrer à un portefeuille.» Ce n’est toutefois pas un laissez-passer pour flamber sans réfléchir. Intégrer des cryptomonnaies nécessite d’avoir une conscience claire des risques. Quand on a une tolérance élevée à cet égard, et un horizon de placement long, il est tout à fait possible d’ajouter des cryptomonnaies à son portefeuille.
Les cryptomonnaies représentent aujourd’hui une option valable à intégrer à un portefeuille.
Les chiffres eux-mêmes étayent cette thèse. Philipp Merkt a calculé les données historiques du marché. Il a constaté que les portefeuilles contenant jusqu’à 5% de cryptomonnaies ont obtenu par le passé de meilleurs résultats que les portefeuilles traditionnels dans une analyse pondérée en fonction du risque (c’est-à-dire du rendement par rapport au risque encouru). «Les cryptomonnaies ont contribué à la répartition des risques en raison de leur corrélation historiquement plus faible avec les classes d’actifs traditionnelles», explique-t-il. Les cryptomonnaies peuvent ainsi atténuer les fluctuations du portefeuille. Dans la classe de risque la plus élevée, PostFinance table sur les 5% mentionnés. En revanche, une part supérieure ne contribuerait pas à une diversification saine, estime Philipp Merkt.L’utilité de la monnaie numérique pour répartir les risques a diminué au fil des ans. Aujourd’hui, il arrive plus souvent que les cryptomonnaies évoluent au même rythme que les actions et autres placements. Dans le monde de la finance, on parle de comportement risk-on: si la propension au risque des investisseurs augmente, le bitcoin augmente souvent avec elle; si elle diminue, le bitcoin se retrouve lui aussi sous pression. Le lien avec les marchés financiers traditionnels s’est ainsi considérablement resserré. Toutefois, l’évolution des cryptomonnaies et des actions n’est pas tout à fait parallèle. Les investisseurs doivent donc faire preuve de persévérance. Ces dernières années, le bitcoin a par exemple connu un rebond après des baisses de cours. Philipp Merkt atteste d’une certaine inertie: «Récemment, il y a même eu des périodes où la volatilité de l’or était plus élevée que celle du bitcoin.» Comme toujours, il convient toutefois de noter que les données de performance passées ne garantissent pas les résultats futurs.






