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ReportageDepuis décembre 2025, les déplacés des combats de la province de l’Ituri en République démocratique du Congo sont assiégés dans le camp et victimes d’attaques par l’armée régulière et une milice alliée, qui les considèrent comme des combattants du groupe armé adverse.
Leur refuge est devenu une enclave assiégée, dans laquelle certains, comme Drava, 7 ans, luttent pour rester en vie. Prostrée sur un des lits du centre médical tenu par Médecins sans frontières (MSF) dans le camp de déplacés de Plaine Savo, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), la fillette au ventre gonflé et aux membres décharnés est en soin nutritionnel intensif, ce 13 juin. Orpheline, paralysée des deux jambes en raison de son état de malnutrition aiguë, Drava est arrivée au centre deux jours plus tôt, portée à bout de bras par sa sœur de 14 ans. « Elle n’a pas réussi à lui trouver suffisamment à manger. Leur mère a été tuée dans les conflits et leur père a disparu après être sorti du camp pour aller chercher de la nourriture », raconte un des médecins.
Le site, vaste vallée parsemée de milliers de bâches de fortune, est lové dans les collines du territoire de Djugu, la zone de la province de l’Ituri la plus meurtrie par les conflits opposant des milices à l’armée congolaise. Il fait partie des 69 camps gérés par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés dans la province, laquelle enregistre 1 million de déplacés. La recrudescence des violences dans la zone a empêché toute distribution alimentaire à Plaine Savo pendant plusieurs semaines. Pour les quelque 76 000 Congolais qui y vivent au ralenti, s’en extraire pour échapper à la faim revient à risquer sa vie.







