Economie Tech et transformationsLe comparateur. Alors que la France vient d’interdire les réseaux sociaux chez les moins de 15 ans, les clivages persistent dans le reste de l’Europe. Revue de détail. Par Matthieu SalemiarticleLecture 4 MinPublié le 22/07/2026 à 17:14Les réseaux sociaux, comme TikTok, vont être interdits pour les adolescents.PHOTOPQR/L'ALSACE/MAXPPPC’est fait ! La France est devenue le premier pays d’Europe à interdire l'accès aux réseaux sociaux pour les enfants de moins de 15 ans. Adoptée par le Sénat et l’Assemblée nationale ce 21 juillet, cette mesure prendra effet le 1er septembre 2026. Les plateformes devront vérifier l’âge des utilisateurs avec leur pièce d’identité ou la reconnaissance faciale. Inspirée du modèle australien qui, depuis le mois de décembre, interdit l’accès aux plateformes aux moins de 16 ans, la "majorité numérique" devient obligatoire en France alors que les effets des réseaux sociaux sur la santé et la sécurité des mineurs suscitent des inquiétudes dans le monde entier. En France, une étude de l’Observatoire de la parentalité numérique montre que 74 % des parents d’enfants de 6 à 16 ans soutiennent cette interdiction avant 15 ans. La mise en œuvre s’annonce toutefois complexe, qu’il s’agisse de la fiabilité du contrôle de l’âge, de la responsabilité des plateformes et des risques de contournement.Finlande : le grand écartLe Premier ministre Petteri Orpo soutient une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, se disant "préoccupé par le manque d’activité physique" chez les jeunes. La proscription n’en est toutefois qu’au stade d’étude. De leur côté, 83 experts ont signé des recommandations politiques pour une sensibilisation au numérique et la mise en place d’une régulation. Selon eux, l’interdiction stricte est difficile à faire respecter.Slovénie : trop d’interdiction tue l’interdictionLe 5 février, le vice-Premier ministre slovène Matej Arcon a annoncé son intention d’interdire les réseaux sociaux aux jeunes de moins de 15 ans. A Ljubljana, les rênes du projet ont été confiées aux ministères de l’Education et de la Transformation numérique. Leur cible : Instagram, Snapchat et TikTok. Aucune mesure n’a encore été prise, mais les psychologues affichent déjà leur scepticisme : bannir les réseaux risquerait d’augmenter leur attractivité et d’encourager leur détournement. Italie : le pari de la responsabilitéLa botte italienne ne suivra pas l’exemple français. La Présidente du conseil Giorgia Meloni ne souhaite pas être à l’initiative d’une telle mesure. Selon elle, une interdiction générale s’avère "facilement contournable" par de faux comptes ou des VPN. Rome mise plutôt sur la responsabilisation des familles et des plateformes. Cette annonce intervient après que le gouvernement a rejeté de façon catégorique des projets de loi émis par le parti de Meloni, Fratelli d’Italia, et l'opposition démocrate. Grèce : Athènes mise sur le contrôle de l’âgeLa Grèce souhaite interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans à partir du 1er janvier 2027. L’annonce a été faite le 8 avril par le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis… sur TikTok, symbole du paradoxe de cette mesure. Le gouvernement prévoit un contrôle de l’âge pour empêcher les mineurs d’accéder à Instagram et Facebook. Athènes justifie cette réforme par la volonté de lutter contre les mécanismes d’addiction et de pousser l’Union européenne à adopter un cadre commun.Allemagne : un seuil qui diviseSelon l’OCDE, les adolescents allemands passent 48 heures par semaine sur les réseaux sociaux. La Caisse allemande d’assurance maladie alerte sur un usage "pathologique" chez 21,5 % d’entre eux. Pour cette raison, les chrétiens-démocrates (CDU) réclament un seuil à 16 ans. Le 24 juin, une commission d'experts a, parmi d’autres recommandations, proposé de fixer un âge minimal de 13 ans pour pouvoir s’inscrire à un réseau social. Le sujet est donc loin de faire consensus.
Interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans : la France, cheffe de file en Europe
Alors que la France vient d’interdire les réseaux sociaux chez les moins de 15 ans, les clivages persistent dans le reste de l’Europe. Revue de détail.












