Monde EuropeEurope. L'ancien Premier ministre hongrois, défait lors des élections législatives en avril dernier, accuse le nouveau gouvernement de son successeur de bafouer la démocratie.Par Julien Chabrout avec ReutersPublié le 22/07/2026 à 17:37L'ex-Premier ministre hongrois Viktor Orban a publié un appel sur Facebook, intitulé "Déclaration de résistance", peu après une perquisition dans les locaux de son parti, le Fidesz.

REUTERS/Marton MonusViktor Orban n'y va pas par quatre chemins. L'ancien Premier ministre hongrois, défait lors des élections législatives en avril dernier après 16 ans à la tête du pays, accuse le nouveau gouvernement de Péter Magyar de bafouer la démocratie. "L'ère de la tyrannie a de nouveau débuté en Hongrie", a déclaré l'ancien Premier ministre. "Le nouveau système politique ainsi créé est illégitime (...) Le Fidesz utilisera tous les moyens pacifiques pour lutter contre les abus de pouvoirs à l'intérieur du Parlement et à l'extérieur du Parlement", a-t-il ajouté.Viktor Orban a lancé cet appel dans un message publié mardi soir sur Facebook, intitulé "Déclaration de résistance", peu après une perquisition dans les locaux de son parti, le Fidesz. L'ancien Premier ministre nationaliste a précisé ce mercredi 22 juillet que la police avait saisi les serveurs informatiques du parti lors de cette perquisition. Le parquet a indiqué à Reuters que celle-ci avait été menée dans le cadre d'une enquête sur des "détournements de fonds et autres infractions criminelles" au sein du Fonds national pour la culture (NKA) lorsque le Fidesz était au pouvoir.Plusieurs départs majeurs en quelques joursDans son message, Viktor Orban a déclaré que la Hongrie avait "cessé d'être un Etat démocratique" après l'adoption par le Parlement désormais dominé par Tisza, la formation conservatrice du Premier ministre Péter Magyar, d'un amendement constitutionnel mettant fin aux mandats du chef de l'Etat et du président de la Cour constitutionnelle, deux alliés de Viktor Orban. Samedi, le président Tamas Sulyok a signé cet amendement constitutionnel mettant fin à sa propre présidence ainsi qu'au mandat de Péter Polt.De son côté, le procureur général de Hongrie, Gabor Balint Nagy, a annoncé ce mercredi sa démission. Celle-ci sera effective le 25 août prochain. Il avait été nommé par le Parlement alors dominé par le Fidesz en juin 2025 pour un mandat de neuf ans. "Récemment, l'organisation que je dirige a été soumise à une série d'attaques à travers ma personne, bien au-delà du cadre des débats professionnels et publics acceptables", a-t-il déploré dans un communiqué.Le Fidesz, un parti qui peine à se relever de sa défaiteTisza dément toute dérive autoritaire à l'encontre de ses adversaires politiques. Le parti du chef du gouvernement dit être engagé dans un combat contre la corruption, qu'il présente comme endémique à l'époque de Viktor Orban, une accusation que ce dernier rejette.Tisza dispose d'une majorité des deux tiers au Parlement lui permettant de réformer à sa guise et d'abroger de nombreuses mesures prises par le Fidesz qu'il juge néfastes pour la démocratie. Depuis son écrasante victoire aux élections législatives, le parti continue de jouir d'une forte popularité. Un sondage publié ce mois-ci par l'institut Median lui donne 60 % d'avis favorables, contre 18 % pour le Fidesz. Le parti de Viktor Orban peine en revanche à se relever de sa cuisante défaite électorale et le chef de son groupe parlementaire a démissionné la semaine dernière.Viktor Orban a lui-même été régulièrement accusé durant ses années au pouvoir de ne pas respecter les normes démocratiques, ce qui lui a valu d'être en conflit régulier avec les institutions européennes et les autres pays de l'UE sur des sujets tels que l'Etat de droit et les droits des minorités.