Partie d’un coup de colère contre les fraudes aux examens universitaires, la mobilisation de la jeunesse indienne s’est muée en contestation d’ampleur contre le premier ministre Narendra Modi, la première depuis sa réélection pour un troisième mandat en 2024.Solidement installés dans leur campement de Jantar Mantar, au cœur de la capitale New Delhi, ils ont répété mercredi leur volonté d’y rester jusqu’à la démission du ministre de l’Éducation.Que s’est-il passé ?Lundi, plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont quitté leur camp de base en direction du Parlement, dont s’ouvrait la session d’été.Déployées en nombre, les forces de l’ordre leur ont barré la route et les ont dispersés sans ménagement à coups de bâton et de gaz lacrymogène.Les échauffourées se sont poursuivies toute la journée et ont fait au moins 180 blessés, dont deux tiers de policiers, selon le bilan dressé par la police ; « plusieurs centaines », selon les manifestants.

Les rues de la capitale indienne n’avaient plus été le théâtre d’une contestation antigouvernementale de cette ampleur depuis 2019.Que veulent les protestataires ?Pour l’essentiel des jeunes de la génération Z et des étudiants, ils ont rejoint les couleurs du « parti du peuple des coquerelles » (CJP), un mouvement créé en ligne en mai en réaction à des propos jugés offensants tenus par le président de la Cour suprême du pays.Son fondateur, Abhijeet Dipke, un étudiant fraîchement diplômé de l’université de Boston (États-Unis), tente depuis de fédérer la colère des jeunes.Celle-ci est née des fraudes qui ont entaché un examen passé en mai par plus de deux millions d’aspirants étudiants en médecine. Son annulation a causé, selon les médias locaux, plusieurs suicides.Les étudiants exigent depuis la démission du ministre de l’Éducation, Dharmendra Pradhan, et une refonte complète des examens universitaires.Mais au fil des semaines, leurs doléances se sont largement étendues et révèlent le malaise d’une jeunesse qui ne se satisfait plus de ne pas trouver d’emploi à sa sortie de l’université, malgré la forte croissance économique du pays.