L'expression du jour : "Payer en monnaie de singe"

Au moment de vendre un bien ou un service, si le client ne paye pas avec de la vraie monnaie, mais avec une chose moins intéressante, voire ne paye pas du tout, on utilise l'expression : "Payer en monnaie de singe". Cela a une connotation négative. Il y a l'idée d'arnaquer le vendeur en ne le payant pas vraiment. Mais d'où vient-elle ?

Au XIIIe siècle, en France, le roi Louis IX, le fameux Saint Louis, instaure un droit de péage avec une taxe à l'entrée du pont qui, dans Paris, relie la rue Saint-Jacques, sur la rive gauche, à l'île de la Cité. À l'époque, il s'agit du cœur battant de la capitale, lieu où se situe Notre-Dame de Paris. Cette taxe est d'environ quatre deniers.

Mais en sont exemptés les saltimbanques, ceux qui n'ont pas de revenu fixe et généralement pas beaucoup d'argent. Parmi ces individus figurent les montreurs de singes. Il est écrit dans les textes de l'époque que ces saltimbanques pourront, en guise de paiement, faire jouer leurs animaux, leur faire faire des tours devant ceux qui sont payés pour percevoir ces taxes, pour pouvoir passer le pont. Ainsi est née l'expression "Payer en monnaie de singe". Elle voulait dire que l'on payait avec autre chose que de l'argent. Ce n'était pas négatif. En l'occurrence, on payait avec un savoir-faire ou un talent. Au fil des siècles, l'expression est devenue négative. Elle sert à désigner les arnaqueurs.