En Ukraine, des militaires et civils soulagés mais pas satisfaits après la nomination de Mikhaïlo Drapaty
En Ukraine, la nomination du populaire Mikhaïlo Drapaty comme chef de l’armée suscite mercredi le soulagement de soldats et civils rencontrés par l’AFP, qui restent toutefois prudents et espèrent toujours le retour de l’ex-ministre de la Défense.A Izioum, une ville-garnison de l’Est située à une trentaine de kilomètres des positions russes, un soldat ukrainien 22 ans au nom de guerre «Khrest» estime que le départ du général Syrsky, «c’est bien», mais il voudrait surtout le retour de M. Fedorov.Selon Khrest, l’ex-ministre militait notamment pour l’introduction généralisée de contrats à durée déterminée, l’une des grandes demandes des soldats, car nombre d’entre eux, après leur mobilisation ou leur engagement volontaire, combattent sur le front sans que la durée de leur service ne soit fixée, alors que la guerre dure depuis bientôt quatre ans et demi.Réputation d’avoir peu d’égards pour la vie des soldatsÉgalement à Izioum, un autre soldat, nom de code «Ananas», affirme à l’AFP qu’il est content du départ d’Oleksandre Syrsky, un général qui traînait la réputation d’avoir peu d’égards pour la vie des soldats et d’en avoir jeté certains «dans le hachoir à viande», selon l’expression consacrée employée par Ananas. Récemment, rappelle le soldat, M. Syrsky a été associé à un scandale lié à des violences rapportées contre des nouvelles recrues dans une brigade d’assaut, nommée Skala.Mais Ananas pense néanmoins que, en l’absence du retour de M. Fedorov, le mécontentement risque de se poursuivre. Selon lui, ce dernier essayait de faire en sorte, en dopant les capacités des drones grâce aux nouvelles technologies, «que moins de soldats meurent et que les drones combattent à leur place».Svitlana, 48 ans, une infirmière au sein d’une unité d’assaut aérien, juge également «positive» l’arrivée du nouveau commandant Mikhaïlo Drapaty, un «officier de combat» respecté. Elle remercie les civils d’avoir manifesté pour l’éviction d’Oleksandre Syrsky: «Je crois que seule la société civile peut influencer ces processus. Pendant que nous sommes ici à défendre des droits, des gens sont sortis pour défendre les leurs», dit-elle.Elle appréciait aussi la «digitalisation» prônée par l’ex-ministre Fedorov et ses qualités supposées de «bon manager» mais appelle néanmoins à ne pas «l’idolâtrer».












