Monde EuropeEurope. L'ancien ministre de la Défense a été nommé Chancelier de l'Échiquier par le nouveau Premier ministre Andy Burnham. John Healey, un vétéran du Parti travailliste, avait démissionné de son poste en juin dernier après un désaccord sur le budget alloué à la sécurité du pays.Publié le 21/07/2026 à 12:37John Healey, ici à sa sortie de Downing Street, a été nommé ministre des Finances le 20 juillet 2026 par le nouveau Premier ministre Andy Burnham.REUTERS/Jack TaylorDes propositions particulièrement attendues. Andy Burnham va présenter ce mardi 21 juillet ses premières mesures en tant que nouveau Premier ministre britannique, au lendemain de sa nomination à Downing Street. On connaît déjà les grandes lignes de sa feuille de route : atténuer la crise du coût de la vie et mettre fin à une décennie d'instabilité politique. Pour tenter de remplir sa mission, le nouveau chef de gouvernement travailliste a nommé une équipe ministérielle de haut niveau qu'il espère plus réactive que celle de son prédécesseur Keir Starmer. Un membre du gouvernement sera particulièrement sous les feux des projecteurs : le ministre des Finances John Healey. La nomination de l'ancien secrétaire à la Défense (juillet 2024 - juin 2026) comme Chancelier de l'Échiquier, un poste aussi crucial que celui de Premier ministre, est une surprise, tant il n’était pas le favori. La presse britannique avait anticipé l'arrivée de la ministre de l'Intérieur sortante Shabana Mahmood, qui conserve finalement sa place, voire d'Ed Miliband, qui a hérité du poste de ministre des Affaires étrangères.La nomination de John Healey, 66 ans, intervient quelques semaines seulement après sa démission du gouvernement précédent de Keir Starmer. Un départ lié à un désaccord majeur sur les dépenses de défense. Il avait en effet jugé insuffisant le montant accordé au plan d'investissement dans ce secteur "en cette période de menaces croissantes", déplorant que le ministère des Finances soit "réticent" à dépenser l'argent nécessaire pour assurer la sécurité du pays. La démission inattendue du ministre, jusqu'alors un allié fidèle du Premier ministre de l'époque, fut un coup dur pour Keir Starmer, qui annonça sa propre démission moins de deux semaines plus tard.Une longue expérience politiqueJohn Healey, considéré comme un responsable politique compétent et pragmatique, plutôt que comme un idéologue, va devoir résoudre une équation particulièrement compliquée, comme le relate Reuters. Côté pile, cet ancien journaliste et ex-responsable syndical, marié et père d'un enfant, devra trouver davantage d'argent à investir dans des secteurs clés comme la défense et réindustrialiser le pays en utilisant la commande publique comme l'a promis Andy Burnham. Côté face, il devra réduire les dépenses sociales et respecter l'engagement du nouveau Premier ministre, qui a promis de rester dans les limites des règles budgétaires.La nomination de ce responsable politique décrit par la BBC comme "loyal, ne dénonçant jamais ses collègues auprès des journalistes ni ne se livrant à des jeux politiques" pourrait signaler une nouvelle approche du fonctionnement du puissant Trésor. Plus tôt ce mois-ci, John Healey a critiqué sa culture et "l'orthodoxie du Trésor", les accusant de paralyser l'action gouvernementale.Son expérience devrait être un atout pour le nouveau gouvernement britannique. Député depuis 1997, John Healey, l'un des rares députés travaillistes à posséder une longue expérience au sein du Trésor, a siégé presque sans interruption au sein du cabinet fantôme travailliste depuis 2001. Il a occupé une série de postes ministériels au début des années 2000, notamment dans les domaines du logement et des collectivités locales, sous les gouvernements travaillistes de Tony Blair et de Gordon Brown. John Healey a passé cinq ans au Trésor (2002-2007) où il a supervisé des politiques telles que les fonds fiduciaires pour enfants et les tentatives de régénération et de décentralisation du pouvoir, les agences de développement régional, supprimées plus tard par le gouvernement de coalition, rappelle la BBC. Son retour au gouvernement a donc été accueilli positivement par les investisseurs et les analystes, qui le considèrent comme une personne de confiance. Il a également été salué par les chefs militaires britanniques, qui le considéraient déjà comme un allié dans la lutte pour un financement accru de la défense sous Keir Starmer.Une hausse des impôts ?Ses premières propositions seront scrutées de près. John Healey va notamment devoir trouver les moyens de financer les dépenses de défense à hauteur du 3 % du PIB d'ici 2030 qu'il désire tant. Sa nomination montre à quel point ce sujet est une priorité forte pour le nouveau Premier ministre britannique. Lors de sa première interview en tant que chancelier de l'Échiquier, lundi, John Healey a refusé d'exclure une hausse des impôts pour financer ces dépenses. Interrogé par Sky News sur cette possibilité pour atteindre l'objectif des 3 %, il a déclaré que "le contrôle budgétaire est le premier devoir de tout chancelier de l'Échiquier".Comme le relate The Telegraph, le nouveau ministre des Finances pourrait relancer un plan élaboré par le Trésor en début d'année, qui proposait d'utiliser les recettes fiscales issues des nouveaux forages d'énergies fossiles en mer du Nord pour financer les dépenses de défense. Auprès de la BBC, début juillet, John Healey avait indiqué que l'investissement dans la défense pourrait s'inscrire dans le cadre de la revitalisation et de la réindustrialisation du pays. "Le Trésor considère encore souvent la défense comme un gouffre financier pour les finances publiques et non comme le moteur de la croissance économique que nous avons démontrée ces deux dernières années", avait-il affirmé à Nick Robinson dans l'émission Political Thinking. Il a désormais l'occasion d'insuffler un nouvel état d'esprit.
Royaume-Uni : John Healey, le choix surprise d'Andy Burnham pour gérer les finances du pays
L'ancien ministre de la Défense a été nommé Chancelier de l'Échiquier par le nouveau Premier ministre Andy Burnham. John Healey, un vétéran du Parti travailliste, avait démissionné de son poste en juin dernier après un désaccord sur le budget alloué à la sécurité du pays.










