Une « bombe ». Méconnu du grand public l’ancien cycliste américain Jonathan Vaughters, devenu manager d’EF Education-Easy Post, vient, selon ses propres termes, de « lancer une bombe ». Dans un message publié lundi soir sur son compte X, où il compte 111 000 abonnés, l’intéressé est revenu sur l’épisode très commenté des contrôles antidopage, inopinés et effectué en pleine nuit le week-end dernier, subis par de Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard.Mais cette fois la polémique prend une autre tournure. Alors que de nombreux suiveurs critiquaient la façon dont les membres de l’International Testing Agency (ITA), un organisme indépendant qui s’occupe notamment des Jeux olympiques, avaient procédé pour contrôler les deux coureurs durant leur sommeil et entre deux étapes importantes de montagne du Tour de France, Vaughters apporte un nouvel éclairage.I don’t post here much. But I’ll roll this grenade down the aisle: 2am testing is one of the very effective ways to prevent peptide(EPO,hGH) and testosterone micro dosing. If UCI had tested us in 2001 at 2am? We’d all have been suspended and saved the sport 25 years of drama.— Jonathan Vaughters (@Vaughters) July 20, 2026

Selon l’Américain de 53 ans, le fait d’agir à ce moment-là était tout sauf pas anodin. « Les contrôles à 2 heures du matin sont l’un des moyens les plus efficaces pour empêcher le microdosage de peptides (EPO, hGH) et de testostérone, assure-t-il dans sa publication. Si l’UCI nous avait contrôlés à 2 heures du matin en 2001, on aurait tous été suspendus et on aurait évité au sport 25 ans de scandales. »Selon lui ces « microdosages » ne seraient donc plus détectables par des tests plusieurs heures après leur injection.Pour mémoire Vaughters est un ancien coéquipier de Lance Armstrong à l’US Postal et est désormais l’un des plus fervents défenseurs de la lutte antidopage.Cependant l’Américain fait également son mea-culpa sur ces années de dopage qui ont terni l’image de son sport et tient à dédouaner Vingegaard et Pogacar. « C’est dommage que Tadej et Jonas doivent payer pour les conneries qu’on a faites, écrit l’intéressé dans une seconde publication. Cela dit, je préférerais perdre un peu de sommeil en échange d’un peu plus de crédibilité. Honnêtement, je devrais leur présenter mes excuses à tous les deux. »VidéoCette méthode permet-elle vraiment d'échapper aux contrôleurs ?Un message qui devrait faire réagir et relancer la question du dopage dans le milieu du cyclisme où chaque performance est scrutée, disséquée et commentée. Le coureur belge Oliver Naesen a ainsi été interrogé sur ce sujet dans le média néerlandophone Het Laatste Nieuws.Le coureur de Decathlon-CMA CGM, absent sur la Grande Boucle, estime que « certains produits dopants ne restent dans le sang que pendant environ trois heures » et que « la tentation pourrait être forte » pour certains.« Cela n’arrive dans aucun autre sport »Selon Naesen le contrôle antidopage « fait partie du jeu et est accepté et salué par tous » mais « à deux heures du matin, c’est vraiment extrême ». « Je pense qu’il faut fixer des limites à ce qu’on peut faire à un athlète. Les contrôles antidopage en font évidemment partie, mais je n’ai jamais vu de contrôles en pleine nuit. Cela n’arrive dans aucun autre sport ».Quelques heures après son contrôle, Vingegaard avait été victime d’une terrible chute et avait dû abandonner. Le coureur de la Visma-Lease a Bike avait cependant éteindre toute polémique liant sa chute à sa nuit agitée.« C’est certain que cela n’a pas du tout été bénéfique, mais je ne peux pas rejeter la faute là-dessus, car c’est le risque lors d’une course cycliste », a déclaré Vingegaard. Tadej Pogacar avait lui dénoncé ces contrôles, parlant d’une pratique « inhumaine ».« On ne sait jamais, peut-être que cette chute était la conséquence d’avoir passé une mauvaise nuit. Parce que le seul moment où l’on peut se reposer sur le Tour, c’est quand on dort. Donc je suis très déçu qu’il ait eu ce contrôle à 2 heures du matin. Ce n’est pas très humain », avait ainsi déclaré le maillot jaune.