La guerre se poursuit. L’Iran a ciblé ce mardi des installations américaines de radars et de défense antiaérienne dans le Golfe, avertissant Washington d’attaques « encore plus puissantes » à venir, dans un conflit qui menace de s’élargir avec l’implication des rebelles houthis du Yémen.De son côté, l’armée américaine a annoncé avoir conclu une dixième nuit de bombardements consécutive contre la République islamique, notamment contre des centres de commandement militaire et des cibles maritimes, « afin de diminuer la faculté de l’Iran à continuer d’attaquer les navires commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz ».Des navires touchés au large d’OmanLes Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l’Iran, ont indiqué que deux pétroliers avaient été stoppés dans cette voie stratégique, alors qu’ils empruntaient une route non reconnue par Téhéran au large d’Oman, « après que des explosions ont provoqué d’importants incendies à leur bord ».L’agence de sécurité maritime britannique UKMTO avait fait état plus tôt d’un navire touché par un « projectile non identifié » à 8 milles nautiques (15 km environ) au nord-est de Limah, à Oman. Dans un rapport ultérieur, elle a précisé que l’équipage avait quitté le bateau.Déjà au cœur du conflit entre les États-Unis et l’Iran, le trafic maritime dans la région menace de se gripper encore davantage depuis que les rebelles houthis du Yémen ont annoncé un blocus maritime de l’Arabie saoudite, premier exportateur de brut au monde. Cela menace sa capacité à contourner le détroit d’Ormuz, lui-même bloqué.Face à cette menace des Houthis pro-Téhéran et à l’intensification des hostilités entre Washington et Téhéran, les cours du pétrole ont atteint ce lundi un plus haut depuis plus d’un mois. Après cette remontée, ils évoluaient en petite baisse ce mardi.17 soldats américains tués depuis févrierUn peu plus d’un mois après la signature du protocole d’accord qui devait mener à la paix, Donald Trump a affirmé que l’Iran paierait « plusieurs fois » le prix de chaque soldat américain tué au Moyen-Orient, quand Téhéran a estimé faire face à « une guerre totale ». Depuis le début du conflit en février, 17 militaires américains sont morts, dont trois récemment en Jordanie et en Irak, les premiers depuis la reprise des hostilités le 7 juillet. Et près de 100 ont été blessées depuis cette même date, la plupart légèrement, selon le Pentagone.Côté iranien, le dernier bilan officiel datant de vendredi recense au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis la résurgence des affrontements. Ce mardi, les forces armées iraniennes ont annoncé de nouvelles frappes dans le Golfe, en représailles aux attaques américaines.VidéoGuerre au Moyen-Orient : l’Iran affirme que les États-Unis ont attaqué une centrale nucléaire en constructionLes Gardiens ont affirmé avoir frappé deux systèmes de défense antiaériens et une installation radar sur deux avant-postes américains à Bahreïn, ainsi que des dispositifs de missiles défensifs, de réception radar et satellite au Koweït. Après cette attaque contre ces outils de repérage, « l’ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes », ont-ils prévenu dans un communiqué diffusé par l’agence officielle Irna.L’armée a pour sa part dit, dans une déclaration portée par la télévision d’État, avoir frappé « trois importantes bases » utilisées par les États-Unis au Koweït, Arifjan, Al-Udairi et Ahmad Al-Jaber, avec des drones suicides.Lundi, le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a néanmoins assuré que les efforts diplomatiques se poursuivaient via les pays médiateurs. Le ministre de l’Intérieur de la République islamique, Eskandar Momeni, est d’ailleurs au Pakistan, où il doit rencontrer le Premier ministre Shehbaz Sharif et le chef des armées Asim Munir, d’après Islamabad.Le détroit d’Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures, demeure un point de contentieux majeur, et le protocole d’accord prévoyait sa réouverture. Mais Téhéran l’a de nouveau verrouillé après la reprise des hostilités, les États-Unis réimposant de leur côté un blocus aux ports iraniens.En outre, le président libanais Joseph Aoun doit être reçu ce mardi par son homologue américain Donald Trump, dont l’administration fait pression sur Beyrouth pour désarmer le Hezbollah pro-Iran, qui a entraîné le Liban dans la guerre. Pour Israël, le désarmement du mouvement est une condition à son retrait du sud du pays, qu’exige l’Iran en demandant que tout accord de paix concerne aussi le front libanais.