Publié le 18 juillet 2026 à 15:23. / Modifié le 18 juillet 2026 à 15:49.

Juliette Robert, Pierre Vassal, Hugo Aymar, Anthony Micallef et Matthieu Zellweger sont tous reporters ou photographes documentaires. En 2024, ils rencontrent Alice Santinelli, iconographe et commissaire d’exposition, au festival de photojournalisme Visa pour l’image à Perpignan. Avec la figure d’Ulysse en fil rouge, elle sélectionnera parmi leurs productions «une palette d’images pour retrouver un fragment de récit», raconte-t-elle.Ainsi, la photographie d’un campement de réfugiés afghans à Belgrade côtoie celles du crépuscule dans la banlieue de Kinshasa et d’un rassemblement place de la République, à Paris. Ici, un portrait de femme s’apparente à la figure de Circé. Des moutons évoquent les béliers sous lesquels Ulysse et ses compagnons se cachent pour fuir le cyclope Polyphème, tandis que le stade olympique de Phnom Penh devient une métaphore pour l’agora d’Ithaque. Belles et poétiques, toutes suggèrent l’épopée sans que le parallèle soit littéral.

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A chaque œuvre est associée une citation issue de la traduction de L’Odyssée d’Homère par le poète Charles-Marie Leconte de Lisle, publiée en 1893. Elle vient remplacer la légende originale, comme pour émanciper la photographie de son contexte de production. Dans le cadre de l’exposition, elle n’a plus vocation à être informative. Elle ne représente pas le réel mais fait partie d’une histoire, la première qu’Alice Santinelli s’est vu raconter par son père quand elle était enfant.