Une trajectoire moins exigeante pour les industriels : la Commission européenne a proposé vendredi d’assouplir son marché du carbone, au grand dam des organisations environnementales qui dénoncent une remise en cause d’un des piliers de la politique climatique de l’UE.Pour répondre à la grogne de l’industrie chimique allemande, de pays d’Europe centrale et de l’Italie, Bruxelles a mis sur la table une série de concessions, soumises aux Vingt-Sept et aux eurodéputés pour une négociation qui devrait durer plusieurs mois.Dans l’ensemble, l’industrie européenne serait ainsi autorisée à émettre plus longtemps du CO2 et à un coût moindre que ce qui était prévu jusqu’à présent.S’ils s’engagent à se décarboner, les industriels pourront notamment bénéficier plus longtemps de quotas carbone gratuits. Leur suppression totale interviendrait en 2038, contre 2034 dans le système actuel.De plus, les entreprises auront la possibilité d’acquérir à partir de 2036 des crédits carbone internationaux en finançant des projets de décarbonation en dehors de l’UE qui seraient pris en compte dans la baisse de leurs émissions.Le commissaire européen responsable du climat, Wopke Hoestra, a revendiqué une approche plus « favorable aux entreprises » et « astucieuse », afin d’atteindre collectivement la neutralité carbone en 2050.Les organisations environnementales ont quant à elles fustigé un renoncement européen.« La Commission cède face aux entreprises à la traîne » en matière de décarbonation, déplore Duncan Woods, du Bureau Européen de l’Environnement, un collectif d’ONG.Il y a plus de vingt ans, l’Union européenne a mis en place ce marché des quotas d’émissions carbone (ETS), outil pionnier dans la lutte contre le dérèglement climatique.Pour couvrir leurs émissions de CO2, les industries les plus énergivores (sidérurgie, ciment, chimie…) et les producteurs d’électricité doivent acheter des « permis de polluer », selon le principe du pollueur-payeur. Le prix de la tonne de CO2 varie et s’établit autour de 80 euros actuellement dans l’UE.Le total des quotas carbone disponibles sur le marché baisse au fil du temps pour inciter les industriels à émettre moins. Pour les accompagner dans leur transformation, des quotas gratuits sont alloués : ceux que la Commission veut prolonger, tout comme elle entend réduire moins vite que prévu l’ensemble des quotas disponibles sur le marché.
Face à la grogne de l’industrie, l’Europe veut réviser son marché du carbone
La Commission européenne propose d’assouplir son approche, au grand dam des organisations environnementales.











