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ReportagePromis à la fermeture en 2012, l’établissement bourguignon doit sa survie à une forte mobilisation locale. Le silence, voire l’opposition franche de certains détracteurs révèle le poids qu’une poignée d’entreprises d’abattage, au premier rang desquelles le géant Bigard, exerce sur les groupements d’éleveurs.

Il était, comme tant d’autres, voué à disparaître. Ce matin de juillet, l’abattoir communautaire du Grand Autunois Morvan, à Autun (Saône-et-Loire), fourmille. Dans l’air froid et âcre de la chaîne d’abattage, chaque maillon étourdit, saigne, écorche, éviscère, inspecte et tranche, au pied de gigantesques carcasses de vaches charolaises suspendues.

Rutilant depuis sa reconstruction en 2019, l’établissement a pourtant bien failli mettre la clé sous la porte, sept ans auparavant. Son vétuste ancêtre « partait en lambeaux », reconnaît l’éleveur Bernard Joly, qui venait de prendre la présidence de la société d’intérêt collectif agricole, gestionnaire de l’abattoir. Quelques mois plus tard, le couperet tombe : les services de l’Etat épinglent le site en raison d’importants défauts sanitaires. Sa fermeture paraît inéluctable. Or, la Saône-et-Loire n’échappe pas à la concentration des outils d’abattage au profit d’une poignée d’industriels, documentée par Le Monde et Lighthouse Reports dans une enquête inédite.