Le Conseil des EPF a annoncé de nouvelles nominations et promotions de professeurs à l’EPFL, dont deux au sein de la faculté ENAC : les professeures Olga Fink et Charlotte Grossiord. Nous leur adressons nos sincères félicitations.La professeure Olga Fink, actuellement professeure assistante tenure track à l’EPFL, est nommée professeure associée de génie civil à la Faculté de l’environnement naturel, architectural et construit (ENAC) Olga Fink est une experte de l’apprentissage profond et des algorithmes hybrides pour les systèmes de maintenance intelligents. Ses recherches interdisciplinaires se situent à l’interface de l’apprentissage automatique et de l’ingénierie et ont déjà été appliquées à différents systèmes, tels que les réseaux ferroviaires, les tunneliers, les réseaux intelligents, les systèmes de fabrication, les centrales électriques et les systèmes aéronautiques. Leur objectif est de résoudre des problèmes concrets, notamment liés à des infrastructures vieillissantes comme les autoroutes et les réseaux ferroviaires. La promotion d’Olga Fink permet à l’EPFL de s’attacher les services d’une scientifique très engagée dans la recherche et l’enseignement, qui a su dépasser les attentes placées en elle.Quelle orientation envisagez-vous pour vos recherches dans les années à venir ?Mes recherches viseront à repousser les frontières de l’intelligence artificielle qui respecte les lois de la physique, en explorant de nouvelles façons d’intégrer la physique, les connaissances scientifiques et l’apprentissage automatique.L’objectif est de concevoir des systèmes d’IA capables de comprendre les processus physiques, d’accélérer les découvertes scientifiques et de permettre une prise de décision autonome fiable pour des systèmes techniques complexes.Vos travaux comprennent une subvention ERC, pouvez-vous nous en dire plus ?Le projet HEROES, qui débutera en septembre, développera de nouvelles méthodes d’apprentissage automatique informées par la physique afin d’améliorer la longévité et la fiabilité de systèmes complexes et de « systèmes de systèmes ». Plutôt que de se concentrer uniquement sur la détection des défaillances à court terme, HEROES modélisera les processus de dégradation à long terme, ainsi que les interdépendances qui influencent l’état des actifs sur des horizons temporels étendus.S’appuyant sur ces avancées, le projet introduira des outils d’aide à la décision interprétables, notamment l’apprentissage par renforcement multi-agents pour un contrôle tenant compte de l’état de santé des systèmes, visant à prolonger la durée de vie des actifs, le raisonnement contrefactuel pour explorer des scénarios prospectifs à long terme (« what-if »), ainsi que des approches fondées sur les données pour améliorer la conception en vue de la maintenance et de l’exploitation sur la base des retours d’expérience opérationnels.Des éoliennes, allant de composants individuels à des flottes complètes, serviront de cas d’étude pour valider l’approche. À terme, HEROES contribuera à améliorer la durabilité, la fiabilité et les performances à long terme de systèmes interconnectés à grande échelle.Que signifie pour vous l’obtention de la titularisation, et comment influencera-t-elle vos recherches futures ?Pour moi, la titularisation offre la liberté de mener des recherches ambitieuses sur le long terme aux côtés d’une équipe interdisciplinaire talentueuse, tout en construisant un environnement de recherche où la curiosité, la collaboration et l’excellence scientifique peuvent s’épanouir.Je suis particulièrement motivée à explorer de nouvelles façons de combiner l’IA, la physique et l’ingénierie, pour faire progresser une intelligence artificielle fondée sur les lois de la physique, au service de systèmes techniques plus intelligents, plus résilients et plus fiables.La professeure Charlotte Grossiord, actuellement professeure assistante tenure track à l’EPFL, est nommée professeure associée d’écologie terrestre à la Faculté de l’environnement naturel, architectural et construit (ENAC)Charlotte Grossiord mène des recherches à la croisée de l’écologie forestière, de l’écophysiologie et de la biologie du changement climatique mondial. Ses travaux apportent de nouvelles connaissances fondamentales sur le fonctionnement des plantes et des écosystèmes face au changement climatique. Ils permettent également d’étayer des stratégies présentant une grande pertinence politique et visant à renforcer la résilience et la capacité d’adaptation des forêts. Charlotte Grossiord dirige également le groupe d’écologie fonctionnelle des plantes sur le site lausannois de l’Institut fédéral suisse de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL). À ce titre, elle renforce la coopération entre le WSL et l’EPFL. Avec Charlotte Grossiord, l’EPFL conserve une chercheuse, enseignante et mentore engagée.Quelle orientation envisagez-vous pour vos recherches dans les années à venir ? La titularisation me donne la stabilité et la liberté de développer un programme de recherche à long terme sur la réponse des forêts au changement climatique, en particulier face à des conditions atmosphériques plus chaudes et plus sèches.Dans les années à venir, je souhaite renforcer le lien entre la physiologie végétale mécaniste et les réponses des écosystèmes à grande échelle. Cela implique de passer de mesures détaillées du fonctionnement des arbres à de meilleures prévisions de la croissance forestière, de l’utilisation de l’eau et de la mortalité à l’échelle des paysages.Nous continuerons également à travailler sur des questions appliquées, notamment la manière dont la gestion forestière et les stratégies de végétalisation urbaine peuvent renforcer la résilience face aux extrêmes climatiques.Vos travaux comprennent une subvention ERC, pouvez-vous nous en dire plus ?La récente subvention ERC Consolidator constitue un élément important de cette vision long-terme, car elle nous permettra d’étudier comment le déficit de pression de vapeur et la chaleur affectent la physiologie des arbres dans des forêts matures. Toutefois, mes recherches vont au-delà de ce projet.Plus largement, mon groupe continuera à combiner des expérimentations de terrain, des mesures physiologiques, de la télédétection et de la modélisation afin de comprendre quand et pourquoi les arbres atteignent leurs limites, et comment ces connaissances peuvent améliorer les prévisions de la vulnérabilité des forêts dans des climats futurs.Que signifie pour vous l’obtention de la titularisation, et comment influencera-t-elle vos recherches futures ?Pour moi, la titularisation représente à la fois une reconnaissance et une responsabilité. Elle me donne l’opportunité de construire, avec mon équipe, une vision de recherche à long terme, de prendre des risques scientifiques et de répondre à certaines des questions les plus urgentes concernant l’avenir des forêts face au changement climatique. J’y suis particulièrement reconnaissant, car elle nous permet de poursuivre des approches expérimentales ambitieuses qui nécessitent du temps, de la confiance et de la continuité.