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EnquêtePasswork, qui se présente comme espagnol, a en réalité été développé en Russie et dispose toujours d’une licence du FSB, le service de renseignement intérieur russe. Ce qui soulève d’importantes questions de sécurité pour ses clients, parmi lesquels figurent des entreprises françaises.

Côté pile, c’est une « entreprise européenne basée en Espagne », qui compte « des milliers de clients dans l’UE [Union européenne] » et assure qu’elle est « indépendante, transparente et entièrement autofinancée ». Passwork, qui commercialise un logiciel de gestion de mots de passe à destination des entreprises, joue à fond, sur son site Internet, la carte du « made in Europe » pour convaincre de nouveaux clients, alors que beaucoup de sociétés s’interrogent sur leur dépendance aux technologies américaines.

Côté face, Passwork a aussi une société sœur en Russie, qui a des contrats avec des entreprises sous sanctions et dispose d’une licence du FSB, le service de renseignement intérieur russe, successeur du KGB. Les dirigeants de Passwork SL, la société européenne, assurent n’avoir quasiment aucun lien avec l’entreprise russe, mais une enquête menée par un consortium de médias coordonnée par l’Organized Crime and Corruption Reporting Project, dont Le Monde, montre que les deux entités sont en réalité très proches. Ce qui soulève d’importantes questions de sécurité pour leurs clients européens.