L'équilibre vie professionnelle-vie privée ? Très peu pour eux. Aux préoccupations sur la santé mentale, le respect strict des contrats de travail et le management bienveillant, ils préfèrent le productivisme forcené de l'après-guerre. Le "bon vieux temps" où le Japon en pleine reconstruction était la deuxième économie mondiale.

Serrés épaule contre épaule, des jeunes de la génération Z dans une entreprise de Tokyo lancent un retentissant "Ouais, carrément !" pour conclure leur rassemblement matinal, affichant un virilisme d'entreprise qui a longtemps constitué le socle du miracle économique japonais des années 50-60. Certains jeunes salariés de la désormais quatrième économie mondiale cherchent à retrouver ce zèle d'antan, déçus par une culture professionnelle moderne jugée trop "douce" et freinant leur progression.

Global Partners, société de conseil et de développement des entreprises, en est l'illustration : ses chants matinaux frénétiques et les remontrances de l'encadrement ont fait d'elle une sensation en ligne, attirant des recrues désireuses de s'endurcir. "Kotaro, tu es le meilleur commercial", proclame un des nombreux Post-it de motivation sur l'ordinateur de Kotaro Kawabata, 26 ans. Contrairement à beaucoup de salariés démarrant leur journée sans entrain, "ici, c'est un 'boom' dès le départ. Tout le monde se dit : 'Allez, au boulot !'. J'adore ça", dit-il.