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EnquêteDans l’Atlantique, des centaines de hors-bords ultrapuissants, conçus sur mesure pour transporter des tonnes de cocaïne, viennent récupérer la marchandise auprès de navires qui empruntent les routes commerciales entre l’Amérique du Sud, l’Afrique et l’Europe, révèle une enquête du « Monde », en partenariat avec NDR, WDR, le « Süddeutsche Zeitung », « NRC », « IrpiMedia » et le « Washington Post ».

C’est une invisible armada posée au milieu de l’océan. Une ribambelle de hors-bords stationnant à plus de 1 000 miles marins des côtes, prêts à faire rugir leurs moteurs quand le GPS indiquera que la marchandise, amenée dans le ventre de cargos, est en approche. Au large des Canaries et de Madère, l’immensité de l’Atlantique pour seul horizon, les go fast de la coke ont établi leur communauté de hors-la-loi hors de portée des radars.

« Les bateaux, parfois liés entre eux en pleine mer, formant de petits habitats, sont ravitaillés en eau potable, en essence – jusqu’à 300 dollars le bidon de 20 litres –, en nourriture, mais aussi en prostituées, par des organisations criminelles établies notamment aux Canaries », dévoile au Monde Dimitri Zoulas, chef de l’Office anti-stupéfiants (Ofast). La description de cette horde de marins, parfois équipés d’armes de guerre, inspire une comparaison au commissaire : « C’est “Mad Max” sur l’Océan ! » Une course de vitesse pour fournir l’Europe en cocaïne extrapure.