Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Planète Planète Planète Santé-environnement Santé-environnement Santé-environnement L’oncologue plaide, dans un entretien au « Monde », pour une politique de prévention des cancers agissant à la fois sur la pollution et sur les comportements individuels. L’association La Ligue contre le cancer demande l’extension du principe de précaution aux questions sanitaires, afin de « protéger le droit à vivre dans un environnement favorable à la santé ». Article réservé aux abonnés Alors que la commission mixte paritaire doit examiner, jeudi 16 juillet, le projet de loi d’urgence agricole, La Ligue contre le cancer réitère son opposition au retour de pesticides interdits en France – néonicotinoïdes ou apparentés –, prévu par la version du texte adoptée au Sénat. Dans un entretien au Monde, l’oncologue Philippe Bergerot, président de l’emblématique association, s’inquiète d’une « érosion du sens de l’intérêt général » dans le monde politique et annonce que, dans la campagne présidentielle qui s’ouvre, La Ligue contre le cancer s’engage en faveur de la constitutionnalisation d’une version étendue du principe de précaution pour les questions environnementales mais aussi sanitaires. Dans le cadre du projet de loi d’urgence agricole, le Sénat a voté, en juin, le retour de pesticides interdits, malgré l’opposition de nombreuses sociétés savantes médicales, du Conseil national de l’ordre des médecins, etc. Qu’est-ce que cela dit des relations entre le monde politique et les communautés scientifique et médicale ? C’est très inquiétant sur le fond. Cela veut clairement dire que la santé, qui était déjà le parent pauvre des préoccupations de nos responsables politiques, passe bien après l’économie. Sur toutes les questions de prévention, on est dans une vision de court terme. On va jusqu’à mettre en péril les populations pour défendre certains intérêts. Le pouvoir politique ne veut pas se rendre compte qu’en faisant courir de tels risques nous allons à terme produire une inflation de besoins médicaux, de soins, donc de coûts pour l’ensemble de la société. On voit une érosion du sens de l’intérêt général s’installer dans le monde politique. La prévention, ce n’est pas que des contraintes économiques pour le présent, c’est surtout des économies importantes pour l’avenir. Il y a tellement d’exemples ! J’ai exercé à Saint-Nazaire [Loire-Atlantique] et j’y ai vu de première main les effets dramatiques de l’amiante sur les ouvriers des industries locales. Ce fut d’abord un drame et une catastrophe pour ceux qui sont morts de mésothéliome, et pour leurs familles bien sûr, mais c’est aussi très coûteux pour l’économie, avec les mises à la retraite précoces de ceux qui ont été exposés, etc. Il vous reste 67.49% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Philippe Bergerot, président de La Ligue contre le cancer : « Les politiques, très souvent, retardent les actions de prévention, sous la pression des lobbys et de la désinformation »
L’oncologue plaide, dans un entretien au « Monde », pour une politique de prévention des cancers agissant à la fois sur la pollution et sur les comportements individuels. L’association La Ligue contre le cancer demande l’extension du principe de précaution aux questions sanitaires, afin de « protéger le droit à vivre dans un environnement favorable à la santé ».







