Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Cancer Cancer Cancer Chronique Stéphane Foucart Journaliste au service Planète L’indépendance de cette institution scientifique, dont la naissance a été encouragée par le général de Gaulle, est particulièrement précieuse dans un contexte de recul général de la liberté académique, estime Stéphane Foucart, journaliste au service Planète, dans sa chronique. Publié aujourd’hui à 05h30 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Le gaullisme a autant de définitions qu’il y a de gaullistes, et personne ne sait exactement ce que recouvre ce terme. Le dictionnaire Le Robert n’est pas d’un grand secours, puisqu’il se contente d’y voir l’« attitude politique des gaullistes ». Or, ces temps-ci, parmi eux, bon nombre se rapprochent de manière asymptotique des héritiers de la droite la plus extrême – précisément celle que le général de Gaulle a combattue. Avant que ce renversement ne soit accompli et que le gaullisme ne devienne tout à fait un vieux fétiche délabré dont plus personne ne sait à quoi il fait référence, les 60 ans du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) – célébrés par un colloque tenu à Lyon du 19 au 21 mai – offrent l’occasion d’en éclairer une facette méconnue. Car c’est au premier président de la Ve République que le monde doit l’existence de ce centre de recherche à nul autre pareil. Et chacun, en France et ailleurs, sans le savoir, en tire encore aujourd’hui bénéfice pour lui et les siens. L’idée prend corps dans une tribune, publiée le 8 novembre 1963 par Le Monde, appelant le Général à soutenir la création d’une « institution internationale de recherche pour la vie », en réalité destinée à lutter contre le cancer. En pleine guerre froide, les 13 signataires – parmi lesquels l’écrivain François Mauriac, l’architecte Charles Le Corbusier, le biologiste Jean Rostand, le cancérologue Antoine Lacassagne et le journaliste et résistant Emmanuel d’Astier de La Vigerie – suggèrent un prélèvement d’un demi pour cent sur les budgets militaires des Etats-Unis, de l’URSS, de la France et du Royaume-Uni, pour financer un centre de recherche susceptible de « tout mettre en œuvre (…) contre un des plus grands fléaux qui pèsent sur l’humanité : le cancer ». « Progrès de la condition humaine » Il vous reste 69.55% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.