Parcs aquatiques, festivals, escapades en famille : les vacances riment souvent avec un horaire bien rempli. Pourtant, la plus précieuse des activités estivales pourrait être celle qui ne se planifie tout simplement pas : s’ennuyer. Un besoin fondamental, qui doit être comblé loin des écrans, soulignent des expertes.« On devient très inconfortable quand on s’ennuie. On a l’impression qu’on devrait être en train de faire quelque chose tout le temps […], mais la réalité, c’est que peu importe notre âge, on a tous besoin d’un peu d’ennui », explique Nafissa Ismail, professeure à l’École de psychologie et titulaire de la Chaire de recherche sur le stress et la santé mentale de l’Université d’Ottawa. Les vacances d’été seraient d’ailleurs le moment idéal pour laisser place à ces moments de « flottement », ajoute-t-elle.« L’ennui, c’est essentiel. C’est la base de la créativité », affirme à son tour Linda Pagani, professeure titulaire à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal et chercheuse au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine. D’un point de vue évolutif, rappelle-t-elle, c’est cet état qui a permis à l’humain d’inventer et de pousser « sa pensée à un niveau supérieur ».L’apprentissage de l’ennui commence dès l’enfance, même si se retrouver seul, sans distraction ni stimulation, demeure « un défi en soi », souligne la psychoéducatrice Marie-Hélène Chalifour. L’ennui « permet à l’enfant d’avoir accès à son imaginaire » et de développer son monde intérieur : savoir ce qu’il aime, ce qu’il n’aime pas, ce dont il a envie, poursuit-elle. Des fonctions qui sont essentielles à son développement et à l’adulte qu’il deviendra.
Et si l’ennui était nécessaire cet été ?
Véritable «embrayage pour l’esprit», l’ennui est essentiel à la créativité des enfants et au bien-être des adultes.











