L’actrice Ellen Burstyn, 93 ans, prête ses traits à Marilyn dans un court-métrage de Maggie Gyllenhaal. Elle recevra aussi un Lion d’or d’honneur célébrant ses 60 ans de carrière. L’actrice Ellen Burstyn, ici en photo le 26 janvier 2026 JAMIE MCCARTHY / AFP Par Frédéric Strauss Publié le 14 juillet 2026 à 16h25 La nouvelle ouvre grand les portes de notre imagination, même si elle ne concerne qu’un court métrage : à la prochaine Mostra du cinéma, qui se tiendra à Venise du 2 au 12 septembre, l’actrice et réalisatrice Maggie Gyllenhaal, présidente du jury, présentera Flesh Impact, une évocation de Marilyn Monroe, dont on fête cette année le centième anniversaire de la naissance. Si cette réalisation modeste par son format retient déjà l’attention, c’est grâce à sa distribution. On y découvrira en effet Dakota Johnson dans le rôle de la blonde légendaire au sommet de sa gloire, exsudant cette sensualité à laquelle le titre fait référence : « flesh impact » ou « l’impact de la chair », est une formule inventée pour résumer l’effet produit par la photogénie et le sex-appeal de Marilyn, présente à l’écran de façon si incarnée et si lumineuse que les spectateurs pouvaient avoir l’impression de pouvoir toucher sa peau. Mais cette nouvelle réalisation de Maggie Gyllenhaal, après les deux longs métrages The Lost Daughter (2021) et The Bride ! (2026), réalisera aussi un fantasme d’un autre genre : voir ce que Marilyn serait devenue si elle n’était pas morte à 36 ans, en 1962. Pour incarner cette icône vieillie, impactée dans sa chair par le temps, l’actrice a fait appel à une blonde hollywoodienne passée par l’Actors Studio et entourée de mystère plus que de paparazzi, Ellen Burstyn. Aujourd’hui âgée de 93 ans, la comédienne sera doublement l’invitée de la Mostra vénitienne, puisqu’en plus d’y présenter Flesh Impact, elle y recevra un Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière. Discrète légende américaine Au fil de plus de six décennies devant la caméra, c’est surtout à son rôle dans L’Exorciste (1973) qu’on l’associe, en raison de l’immense succès du film mais aussi, sans aucun doute, parce que le réalisateur William Friedkin avait vu juste en lui faisant jouer une actrice, incarnation d’une beauté tranquille qui basculait dans l’horreur avec sa fille devenue une possédée démoniaque. La présence très cinégénique d’Ellen Burstyn a inspiré les cinéastes les plus passionnés : Martin Scorsese, qui la dirigea dans Alice n’est plus ici (1974), le film pour lequel elle obtint l’oscar, Alain Resnais (Providence, 1977) et, plus près de nous, James Gray (The Yards, 2000) ou Darren Aronofsky (Requiem for a dream, 2000, The Fountain, 2006). Sur Netflix, on peut toujours voir Pieces of a woman (2020), un film où elle émeut dans chacune de ses scènes, sous la direction du Hongrois Kornél Mundruczó, avec qui elle vient de tourner à nouveau. Nul doute qu’en incarnant une Marilyn qui aurait traversé le temps, l’attachante et discrète Ellen Burstyn révélera, à Venise, ce qu’elle a, elle aussi, d’une légende américaine. À lire aussi : Marilyn Monroe, icône éternelle : notre top dix de ses meilleurs rôles Cinéma Mostra de Venise 2026 Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus